Histoire du Monde : cours de soutien

Lejaby
Lejaby - © Lejaby

L'histoire du monde d'aujourd'hui c'est l'histoire de la reprise d'une célèbre marque française Lejaby, fabricant des soutien gorges par un groupe de luxe LVMH. Une reprise synonyme de bonne nouvelle pour les ouvriers mais aussi pour le président Nicolas Sarkozy, une reprise très médiatisée à 3 mois de l'élection présidentielle.

Car le saviez-vous ? Le soutien gorge moderne est une invention française, celle d'une femme, Herminie Cadolle qui voulait libérer la femme du corset. Elle présenta son prototype baptisé Bien-être en 1889 à l'expo universelle de Paris. Le début d'un grand succès. En 1930, c'est encore une femme française,  Gabrielle Viannay qui lance la marque Lejaby. Le succès viendra en 1956 avec le lancement du soutien gorge pigeonnant. Mais dans les années 2000, le chiffre d'affaire chute, de nouveaux propriétaires délocalisent la production en Tunisie et en Asie. En 2011, mal en point, Lejaby est racheté par un sous-traitant tunisien et l'industriel Alain Prost, ancien dirigeant de La Perla et de Chantelle. Au début de l'année, l'usine d'Yssingeaux en Haute-Loire est mise en liquidation. 93 postes sont menacés. L'histoire en serait sans doute restée là si les élections présidentielles n'étaient pas annoncées avec une campagne dominée par l'emploi et le maintien du "made in France". De nombreux hommes politiques prennent fait et cause pour "Lejaby". Le socialiste Arnaud Montebourg visite l'usine la mi-janvier... Le président Nicolas Sarkozy jure même de sauver Lejaby pendant son allocution du 31 janvier.

Finalement, MIRACLE : l'usine sera reprise par la société Sofama, un maroquinier d'Auvergne fournisseur du numéro un mondial du luxe LVMH. Louis Vuitton assurant le carnet de commandes. L'homme providentiel de cette histoire ? Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH, première fortune de France mais aussi ami de nicolas Sarkozy. Très vite, les médias affirment qu'il aurait agi en service commandé du chef de l'Etat. Ce dont se défend avec force Bernard Arnault. Alors instrumentalisation ou non, une délégation d'ouvrières a en tout cas été reçue à l'Elysée; des ouvrières qui se disent bien conscientes du risque de récupération politique. Mais pour elles, ce qui compte, et bien c'est tout simplement l'emploi !

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