Histoire du Monde : cercueil volant en RDC

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Congo - © Google

L’Histoire du Monde de ce vendredi nous emmène en République Démocratique du Congo, dans la province du Katanga. Sébastien Pierret nous raconte l’histoire de rite funéraire plutôt effrayant, baptisé le cercueil volant. Effrayant au point que les autorités locales viennent de l’interdire.

Le rite du cercueil volant, c’est un peu comme si la sorcellerie remplaçait la justice. Le principe est le suivant : le cercueil est baladé dans le village. Le rite, appelé "londola" est censé guider la famille du défunt vers l’assassin de son fils. Voilà qui peut faire sourire. Pourtant, cette tradition n’a rien de marrant. Que du contraire, son issue est bien souvent dramatique. Car les personnes désignées coupables par le "cercueil volant" sont lynchées, parfois jusqu’à la mort.

Le mois dernier, un vidéaste amateur a assisté à un "londola". Avant d’enterrer leur fils, des parents ont choisi de transporter le cercueil dans les rues de Kakanda, un village reculé dans la province du Katanga. La vidéo montre une meute de villageois en furie courir derrière le cercueil. Tout à coup, le cortège s’arrête devant une première maison. Selon la coutume, cela signifie donc que l’un des coupables se trouve à l’intérieur. Il ne faut alors que quelques secondes pour que l’habitation soit complètement ravagée et incendiée. Un peu plus tard, le cercueil s’arrête à nouveau. Cette fois, une femme est lynchée. Extirpée de sa maison, les villageois la jettent à terre et saisissent tous les objets qu’ils trouvent : chaise, pneus, pour la frapper. Elle ne survivra pas. Ce jour-là à Kakanda, deux autres personnes mourront dans les mêmes circonstances.

Averti des faits, le chef local a décidé d’interdire le "londola", estimant qu’il ne pouvait pas tolérer un phénomène qui commet des meurtres. Selon plusieurs témoins sur place, le rite du "cercueil volant" est une croyance katangaise peu connue dans le reste de la République Démocratique du Congo. Mais il y a deux ans déjà, plusieurs maisons avaient été brûlées et leur propriétaire tabassé à mort dans un autre village de la province.

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