Histoire du monde : Blood diamonds

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On va parler ce matin de l'exploitation des diamants au Zimbabwe… La BBC a diffusé hier une enquête terrifiante sur une mine dans laquelle des civils seraient forcés de travailler. On parle même de camps de torture pour les récalcitrants. Robin Cornet.

La mine de Marange est l'une plus importante au monde. Son potentiel n'a été découvert qu'il y a cinq ans. On estime que de 15 à 20 % des diamants extraits dans le monde pourraient à l'avenir venir de là. En 2008, le régime du dictateur Mugabe a chassé de la manière la plus brutale, les centaines de prospecteurs qui travaillaient clandestinement dans la mine. L'armée les a encerclé et a ouvert le feu à l'arme automatique. Quelques 200 personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants. La BBC a recueilli les témoignages de plusieurs dizaines de personnes directement impliquées dans ces événements, dont des militaires. Après le massacre, la communauté internationale a décidé d'interdire la vente des diamants zimbabwéens. Décision prise dans le cadre du processus de Kimberley. C'est une instance dans laquelle sont représentés 74 pays, des ONG, et l'industrie du diamant. C'est un régulateur qui vise à écarter du marché les « diamants sales ». Mais ce processus de Kimberley serait sur le point de voler en éclat. Les associations ont claqué la porte après la décision prise le 23 juin dernier d'autoriser à nouveau le Zimbabwe à exporter ses diamants. Les occidentaux ont pliés face à la pression de pays africains soutenus par la Chine et l'Inde. L'Afrique du Sud et Dubaï accepte désormais ces diamants, qui vont forcément se propager dans le monde. Mais l'enquête diffusée hier par la BBC risque de relancer le débat. Elle montre qu'après avoir expulsé les prospecteurs clandestins, les militaires ont forcé des civils à travailler dans la mine. Ceux qui refusent, ceux qui se rebellent ou qui réclament leur part des bénéfices, risquent d'être jeté dans un véritable camp de torture. Ceinturé de barbelés, le camp de Zengeni est surnommé 'Diamond base'. Ceux qui sont passés par là racontent des scènes effroyables : les  coups fouets, les passages à tabac… des chiens dressés pour mordre… des femmes systématiquement violées. Plusieurs anciens prisonniers ainsi qu'un officier de l'armée témoignent sous couvert de l'anonymat. L'Union Européenne a reçu, il y a plusieurs années déjà, des informations venant d'ONG sur ces supposés camps de torture. C'est le porte-parole de la chef de la diplomatie Catherine Ashton qui le dit. Mais selon lui, l'Europe manque encore preuves solides. Et à ce stade, l'Union reste favorable à la reprise des ventes de diamants de la mine de Marange.
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