Histoire du Monde : barrage sur le Nil

Barrage sur le Nil
Barrage sur le Nil - © Google

Robin Cornet nous raconte l'Histoire du Monde.

Un barrage géant sur le Nil. L’Ethiopie s’attire les foudres de l’Egypte en annonçant sa volonté de construire le plus grand barrage d’Afrique sur le Nil Bleu. Un projet porteur d’espoirs pour l’Ethiopie mais dénoncé par Le Caire. L'Egypte craint de manquer d’eau. Robin Cornet.

L’eau, source de conflits. Les experts mettent en garde depuis longtemps. Le contrôle des réserves d’eau douce provoquera des tensions croissantes à travers le monde. En Afrique, le Nil est l’objet de toutes les convoitises. Le fleuve qui se jette dans la Méditerranée après avoir traversé Égypte, prend sa source au lac victoria, d’une part et d’autre part en Éthiopie. Or, gouvernement éthiopien a annoncé sa volonté de construire un énorme barrage sur le cour d’eau. Un projet baptisé "Renaissance". Il devrait accélérer le développement économique de ce pays pauvre, mais dynamique et ambitieux d’Afrique de l’Est. Un investissement 3 milliards et demi d’euros. Ce sera plus grosse centrale hydro-électrique de tout le continent.

Mais Éthiopie est-elle propriétaire des eaux du Nil Bleu, l’affluent du Nil ? Les pays de la région, jusqu’à la Tanzanie, le Kenya ou le Rwanda, se sont réparti les ressources. Au Caire, on craint que le projet éthiopien ne bouleverse les équilibres définis et que l'Égypte ne dispose plus de ses quotas d’eau. Le niveau d’un fleuve qui baisse, c’est synonyme de grands risques écologiques et économiques.

Du coup, le président Mohamed Morsi a sorti les grands mots. "Toutes les options sont sur la table", a-t-il dit, précisant que l’Egypte ne voulait pas "la guerre". Des responsables égyptiens, apparemment filmés à leur insu au cours d'une réunion, avaient déjà évoqué, confidentiellement, la possibilité de frappes aériennes ou d'un soutien aux rebelles éthiopiens. Mais à Addis Abeba, le gouvernement n’a pas l’intention de renoncer à son développement économique.

Le traité international qui partage les eaux du Nil a été signé à l'époque de la colonisation britannique. Il est très favorable à l'Egypte, fait-on valoir à Addis et, dans une moindre mesure, au Soudan mais l’Ethiopie a été laissée pour compte. Hier, le parlement éthiopien a voté le projet de barrage, ignorant les menaces égyptiennes. L'Union africaine, qui a son siège dans la capitale Ethiopienne s’inquiète de cette montée des tensions et appelle les deux pays à résoudre leur différend par le dialogue.

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