Halte à la croissance, place à l'altercroissance

Ce dimanche 21 octobre, une table ronde sur la décroissance est organisée au Grand-Hornu à Mons. La décroissance, une nécessité dans notre société actuelle. Laurent De Sutter, philosophe, en est convaincu même s'il préfère à décroissance, le terme altercroissance.  Il était l'invité de Sophie Moens dans Week-End Première. 

Selon Laurent De Sutter, il faut sans aucun doute, repenser de manière urgente le modèle occidental et industriel de la croissance. Pour ce faire, il est par contre utopique de penser qu'il soit possible de se soustraire à toute une série de questions et à retrouver une forme de frugalité, d'austérité heureuse. C'est donc là que le terme "décroissance" pose problème. 

Un luxe de riche

Dans un monde globalisé comme le nôtre, la décroissance est, selon le philosophe, un véritable luxe de riche: "C'est dire au fond, au milliard de personnes qui, durant ces dernières décennies, sont sortis de la pauvreté par le biais d'une croissance mondiale effective : écoutez les gars, bienvenu au club mais non! Nous, on s'est bien amusés. Maintenant, on va faire machine arrière. Vous en rêviez de notre modèle mais vous n'y avez pas droit parce qu'il en va de la survie du monde entier !". Il y a donc là un problème sociologique. 

Il y aussi et surtout un souci quasiment religieux à la décroissance. Il s'agit de retrouver une forme de pureté qui permettrait de se dégager du modèle de croissance. Alors que la question dépasse largement nos choix individuels. Elle est massive, énorme et se situe au niveau de la structure industrielle du monde dans lequel on vit. 

Pensons altercroissance

La croissance a donc permis à notre société d'atteindre son niveau de connaissance et de développement qu'elle connait actuellement. Il serait donc peu logique de prôner un retour en arrière. De nombreuses personnalités, comme le politologue français Paul Ariès, affirment que nous vivons actuellement plusieurs crises. Qu'il est donc capital de redistribuer autrement les ressources. Laurent De Sutter, lui, préfère faire "machine avant" plutôt que d'opérer un retour en arrière. Il faut inventer un modèle large de croissance avec une place centrale pour l’invention et où la créativité serait capitale. Un révolution culturelle et technologique, mais pas la résurrection d’un modèle du passé. L'alter-croissance.

Il faut donc réinventer les modèles et prendre des décisions majeures vu l’état du désastre. 

 

Pour aller plus loin sur le thème de la décroissance : rendez-vous ce dimanche 21 octobre au Grand-Hornu (Boussu) pour une table ronde "Equiper la décroissance". Avec Paul Ariès (politologue), Lieven De Cauter (philosophe), Pierre Echard (sociologue, expert en éco-design), Mathilde Pellé (designer) et Laurent De Sutter. Plus d'informations ici.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK