Grignoter, pourquoi pas, mais en pleine conscience

Le grignotage serait l’un des facteurs aggravants de l’obésité. Il concernerait deux Belges sur trois. La sophrologie et l’hypnose peuvent vous aider à lutter contre cette addiction.

Pour Françoise Bidart, spécialiste de l’hypnose et de la sophrologie, il faut distinguer la collation du grignotage. Les enfant ont besoin de cette fameuse collation, instituée par l'école, pour reprendre de l'énergie. Il peut d'ailleurs s'agir de tout autre chose que du sucré, cela peut être un en-cas salé ou des fruits et légumes.

Pour les adultes aussi, une collation dans l'après-midi peut s'avérer nécessaire. C'est la petite chose, si possible saine, qui va nous permettre de tenir jusqu'au prochain repas et de ne pas sauter sur n'importe quoi.

Deux moments sont particulièrement favorables au grignotage :

  • au retour de la journée de travail ou d'école, on picore ici et là, sans discernement, au point de ne plus avoir faim au moment du repas.
  • en soirée, quand on se détend, souvent devant la télé.

Certains grignotent au lieu de manger de vrais repas, et d'autres tout au long de la journée. 

Le grignotage peut aussi s'appliquer aux aliments sains, car le fait de manger sans cesse de petites quantités ne permet pas le repos du système digestif, il entretient la digestion et la production de salive permanentes.

L'idéal serait donc 3 repas et 2 collations saines par jour, voire 3 collations pour ceux qui ont des horaires difficiles, recommande Françoise Bidart.


Comment limiter le grignotage ?

Françoise Bidart propose plusieurs pistes, au niveau comportemental :

  • Essayer de décaler de 15 minutes le moment où l'on s'autorise à manger. Si on en a toujours envie, on grignote.
  • Arrêter de combattre cette envie à tout prix, parce que ce qui est interdit est irrésistible. 
  • Se concentrer sur le bon, ne pas grignoter n'importe quoi, privilégier la qualité en achetant dans une bonne pâtisserie ou en cuisinant soi-même.
  • Se concentrer sur ce plaisir, avec tous les sens, le goût, la texture... et donc éviter de manger en regardant la télé ou son smartphone. Et quand ça ne fait plus plaisir, simplement s'arrêter. "Si j'ai envie de grignoter, je ne fais que ça, et j'en prends jusque là de plaisir. Et quand ça devient moins bon, c'est que ce n'est plus nécessaire. Or si je regarde un film, je ne vais pas me rendre compte de ça." 
    Viser le plaisir est donc capital. "Avaler la boîte de biscuits sans même prendre de plaisir, c'est dommage : on est dans une fébrilité avant, on ne profite pas pendant et on culpabilise après."
     

Comment la sophrologie peut nous aider

La sophrologie va permettre de prendre conscience de ce phénomène et va nous apprendre à remplacer le grignotage. "En général on ne grignote pas pour le plaisir de grignoter. Or, quel que soit votre problème, mis à part la faim, la solution n'est pas dans le frigo. Est-ce que je grignote parce que je m'ennuie, parce que je suis fatigué.e, parce que je suis contrarié.e ?"

La sophrologie nous apprend à équilibrer nos émotions autrement et à garder le mini-grignotage uniquement centré sur le plaisir, et avec modération.


Comment l'hypnose peut nous aider

L'hypnose va plutôt nous permettre de découvrir ce qui nous pousse à grignoter. Est-ce une sensation d'anxiété ? On va pouvoir aller modifier les enregistrements qui font grignoter, les mauvaises habitudes acquises au niveau familial ou conjugal, ou encore d'éventuels traumas médicaux ou familiaux.


Si vous avez l'habitude de grignoter, le premier conseil est donc de le faire en pleine conscience. Cela vous amènera à moins consommer et à vous rendre compte que vous n'avez pas vraiment faim, que vous n'en avez pas vraiment besoin. Vous vous interrogerez peut-être sur ce qui vous pousse à manger à ce moment-là.

Ecoutez ici Françoise Bidart

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