Greta Thunberg est-elle la marionnette du capitalisme vert ?

La jeune suédoise Greta Thunberg est-elle la marionnette de lobbies écologistes ? La jeune fille qui fait la grève de l'école, chaque vendredi, est-elle manipulée, instrumentalisée ? N'est-elle qu'un gros coup de comm' ? Depuis que son visage occupe les médias du monde entier, l'adolescente fait l'objet de toutes sortes de théories, parmi lesquelles il est parfois difficile de démêler le vrai du faux.

Ses tresses tirées. Ses sourcils très fins. Et du haut de ses 16 ans, ses colères froides face aux grandes assemblées du pouvoir. Greta Thunberg est une devenue une icône. Mais qu'y a-t-il derrière ce tableau si clairement dessiné ? Depuis des semaines, sur internet, certains n'y croient pas. Sur des sites ou des blogs d'extrême-droite ou climato-sceptiques, les trolls s'activent, répandant l'idée que Greta Thunberg est soutenue financièrement, stratégiquement par des hommes d'affaire. Qu'elle n'a pas lancé son combat seule. A tel point que la mère de la jeune fille a réagi, mi-janvier dans un long post Facebook où elle répond point par point aux théories qui circulent.

La mère de Greta Thunberg, Malena Ernman est une personnalité célèbre en Suède. Chanteuse d'opéra, elle a notamment pris des positions progressistes sur la questions des réfugiés. Une grande part des attaques contre l'adolescente vise d’ailleurs sa mère, accusée de manipuler l’adolescente pour se faire de la publicité.

Greta Thunberg, instrument du capitalisme vert ?

Ces théories, sur le fait que Greta Thunberg n'agit pas seule, on les retrouve désormais sur des sites en français, relayées depuis quelques semaines par deux courants très différents, mais qui se nourrissent (parfois) l'un de l'autre. Encore une fois, une certaine extrême-droite s'empare du cas Thunberg. Par un exemple, le site suisse grandfacho.com, qui définit son contenu comme : l'actualité européenne nationale orientée, titre un article : "La finance internationale recrute littéralement une autiste suédoise pour vendre l'arnaque juive du réchauffement climatique". Evidemment plusieurs points sont problématiques dans cette phrase. Mais où l'auteur va-t-il puiser l'idée que Greta Thunberg a été recrutée ? Dans un article publié le 9 février dernier sur le site reporterre.net, le quotidien de l'écologie, et qui a beaucoup tourné.

Cet article est une chronique rédigée par une ancienne députée écologiste française : Isabelle Attard. Elle se définit comme écoarnachiste et écrit : Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg. L'ancienne députée a vécu en Suède et elle se fonde notamment sur un article de blog publié en suédois.

"Tout a été finement programmé"

D'après Isabelle Attard, cet article révèle que "tout a été finement programmé pour transformer la jeune suédoise en héroïne internationale". Par qui ? "Un petit génie suédois des " public-relations ", appelé Ingmar Rentzhog". Il est d'ailleurs l'un des premiers à avoir publié des photos de Greta Thunberg, lors du premier jour de sa grève de l'école, le 20 août 2018.

Ingmar Rentzhog est un jeune entrepreneur qui veut créer un réseau social basé sur la question du réchauffement climatique.  Mais il serait financé par une famille milliardaire, proche du monde de la finance, qui veut la survie du capitalisme tout en espérant une meilleure prise en compte du climat. Greta Thunberg ne serait une grande opération de greenwashing. Voilà la thèse soutenue dans cette chronique.

La réponse de Greta Thunberg

A la lecture du texte, le seul lien concret entre Greta Thunberg et Ingmar Rentzhog est ce fameux post, daté du 20 août 2018. Le jeune entrepreneur a, en effet, pris la jeune fille en photo le 20 août dernier et l'a postée en ligne.

Le 2 février dernier, Greta Thunberg a rédigé un long post sur sa page Facebook, pour répondre aux accusations du blog suédois. Il a été traduit le 13 février par le site reporterre.net. Il dit, notamment ceci : "Le 20 août, je me suis assise devant le Parlement suédois. (...) La première chose que j’ai faite a été d’afficher sur Twitter et Instagram ce que je faisais et ça a vite été viral. 
Puis, les journalistes ont commencé à arriver. Ingmar Rentzhog, entrepreneur suédois et homme d’affaires actif dans le mouvement climatique, a été parmi les premiers. Il m’a parlé et a pris des photos, qu’il a affichées sur Facebook. C’était la première fois que je le rencontrais et que je lui parlais. Je n’avais jamais communiqué avec lui, je ne l’avais jamais rencontré auparavant
". Voilà la version de Greta Thunberg sur le sujet.

Greta Thunberg et Ingmar Renthzog n'ont-ils vraiment aucun lien ?

Un auditeur/internaute très attentif nous fait remarquer que ce post Facebook d'Ingmar Rentzhog, devant le Parlement suédois n'est pas le seul lien entre l'entrepreneur et Greta Thunberg. Quelques semaines, plus tard, elle a accepté d'être ambassadrice de We Don't Have Time, une fondation qu'il dirige, et du même nom que l'entreprise

Greta Thunberg a d'ailleurs évoqué ce bref partenariat dans un post Facebook daté du 11 février

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