Green art, la nature comme support de création

Philippe Echaroux, The Crying Forest, Sans Titre 5, 2016
Philippe Echaroux, The Crying Forest, Sans Titre 5, 2016 - © Tous droits réservés

"Lorsque la nature devient milieu et matière de création, cela donne le green art, un art bien dans l’air du temps." s’exclame Sophie Moens. Art "un peu complexe et difficilement définissable", le green art s’inscrit dans le courant du land art, mouvement né au début des années 60 aux États-Unis, "utilisant le champ infini de la nature comme matériau et support de création". Linda Mestaoui, auteure de "Green Art : La nature, milieu et matière de création" était l’invité de Week-end 1ère. Découverte.

Le green art, ce mouvement artistique partageant des valeurs communes avec le land art, puise son inspiration dans l’engagement écologique. Cet art, au service des écosystèmes, s’éloigne des galeries et ateliers habituels pour s’installer dans la nature. Privilégiant la "méthode du terrain", ces artistes ont le désir d’accompagner le spectateur pour leur montrer la beauté de la nature et l’urgence d’en prendre soin. "C’est un art pour faire passer des messages. Prenez Philippe Echaroux par exemple, son message est environnemental et sa démarche est exceptionnelle. Il est allé dans la forêt amazonienne à la rencontre d’une tribu, il a capturé leurs portraits et a projeté leurs visages sur les arbres de la forêt d’Amazonie. D’une certaine manière, il devient leur porte-parole en alertant sur un sujet très important qui est dans ce cas-ci, la disparition de tous ces arbres." explique Linda Mestaoui.

Un art de l’impermanence, un art du présent

Et lorsque Sophie Moens rebondit sur l’aspect militant du green art, Linda Mestaoui souligne, quant à elle, le côté éphémère de la démarche de ces artistes. "En général, cet art, ou en tout cas la démarche artistique de cet art, part d’une démarche personnelle dans laquelle ces artistes désirent s’exprimer, tout en acceptant que leurs œuvres soient éphémères. Par exemple, quand LX ONE dessine des formes géométriques sur le sable à Biarritz, il sait qu’après un certain temps, ces images vont disparaître. Et donc, l’artiste dans une démarche assez humble, accepte que son œuvre s’évanouisse." avant de poursuivre "C’est un art qui s’inscrit dans la nature. Ces artistes mettent leur ego de coté en rappelant que l’art peut s’apprécier sans toujours vouloir le posséder." "Les artistes green art sortent de ce carcan du business et de l’art" conclut Sophie Moens sous le regard approbateur de son invitée.

La nature leur apporte le cran, la patience, la force, et l’humilité 

Réunissant plus d’une trentaine d’artistes contemporains internationaux, cet ouvrage rappelle à quel point il est nécessaire de prendre soin de la nature. S’éloignant de la démarche égocentrique dans laquelle un artiste désire que son art demeure, les artistes du green art utilisent la nature comme source inépuisable d’inspiration. Au vu de l’actualité liée à l’urgence climatique, le green art semble définitivement "dans l’air du temps".

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