Google : votre partenaire officiel du moindre effort ?

C’est un des usages les plus courants que nous faisons du web : une recherche Google, chercher une information sur un moteur de recherche. Or, de plus en plus, aller sur un moteur de recherche, ne mène plus nécessairement à cliquer sur un site web et à creuser plus loin. Hélène Maquet s’est penchée de plus près sur cette nouvelle tendance des internautes : le zéroclic.

Le zéroclic a de quoi affoler les éditeurs de sites internet, qui basent parfois leurs stratégies sur le bon référencement grâce aux moteurs de recherche pourraient bien voir leurs stratégies s’effondrer.

Google, l’indispensable

Pour rappel Google est un moteur de recherche qui a pour fonction de trier toutes les pages web afin d’établir une liste. Une liste de liens bleus sur fond blanc, assez lisibles.

Tous les sites proposés à l’internaute sont triés et établis pas un algorithme qui s’appelle Page Rank afin que nous ne soyons pas confrontés à l’immensité du web.

  • Pour l’utilisateur, Google facilite le travail en nous proposant une sélection estimée la plus pertinente pour la recherche.
  • Pour ceux qui créent les sites web, Google permet d’être correctement référencé et devenir "visible" aux yeux des internautes, parce que c’est une porte d’entrée énorme pour le trafic.

Bref, dans un sens ou dans l’autre… Google est l’interface entre les sites web et les utilisateurs.

Google, le vorace

Un milliard de requêtes Google US ont été analysées et il apparaît qu’on clique de moins en moins sur les résultats de recherche.

Dans 49% des cas, près d’un internaute sur deux s’arrête à la page des résultats, ne clique pas plus loin sur les liens pour être redirigé vers la page web qu’il a trouvée.

C’est encore plus vrai sur smartphone… ou 61% restent sur la page de recherche Google. Et l’évolution est très forte, puisqu’ils étaient 55% il y a trois ans. Ce qui pose évidemment de sérieux problèmes aux éditeurs de sites internet.

"C’est comme si vous aviez un magasin de télévision. Vous êtes parvenu à vous faire connaître des clients du coin. Ils arrivent vers votre magasin. Regardent à travers la vitrine les téléviseurs que vous avez allumés. Puis repartent sans passer le pas de la porte."

L’analogie est toute trouvée, dans le cas de Google, c’est la même chose. Ils ne cliquent pas.

 

Google, moteur de réponses ?

Soit les résultats proposés à l’internaute ne correspondent pas à la recherche, ce qui peut arriver.

Soit, (et c’est plus gênant) : l’internaute trouve la réponse à sa requête sans cliquer sur aucun site web.

Par exemple, lorsqu’on lance la recherche : quand la télévision a-t-elle été inventée ?

En haut de la recherche Google, un encadré explique :

" La première version d’une télévision proche de la nôtre a vu le jour le 26 janvier 1926, à Londres. Des membres de la Royal Institution, une société savante britannique, s’installent dans le laboratoire de l’ingénieur écossais John Logie Baird."

La réponse provient du site caminteresse.fr. Google est allé extraire ce paragraphe, qu’il propose à la lecture de l’internaute. Celui-ci a sa réponse, plus besoin d’approfondir la recherche et de cliquer sur le lien et caminteresse.fr ne saura jamais que l’internaute a lu son contenu.

Ce petit encadré est ce qu’on appelle un featured snippets : c’est ce qui est destiné à être lu par les enceintes connectées dictées par Google lors d’une recherche vocale.

On peut donc s’attendre à ce que le phénomène s’accentue.

Ce phénomène du zéroclic pose en fait un autre problème. En termes de culture pour les internautes, qui ne vont plus sur les sites web pour s’informer précisément sur les sujets et qui contentent dès lors de survoler la réponse, sans la vérifier, sans s’informer davantage. Ils restent dans une sorte de surface extraite mécaniquement pas Google.

Google est de plus en plus un moteur de réponses, plus qu’un moteur de recherche.

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