Georges Pradez nous quittait il y a 5 ans, redécouvrez ce grand homme de radio

Georges Pradez, cet extraordinaire homme de radio
Georges Pradez, cet extraordinaire homme de radio - ©

Georges Pradez nous a quittés il y a cinq ans. Virginie Jortay, sa fille, metteuse en scène, directrice de l’école du cirque, Marianne Clairembourg, sa collègue, et Robert Stéphane, décédé en décembre dernier, nous racontent l’homme de bouche et d’oreille que cet infatigable homme de radio aura été, pour notre plus grand bonheur d’auditeurs.

Après avoir été GO au Club Med, Georges Pradez commence sa carrière à la RTB en 1964. Il y présente le magazine féminin Magazine F avec Laurette Charlier. Il animera différentes émissions radiophoniques au fil de sa carrière, parmi lesquelles Le Petit Pylône, Big Palou, Boulevard du Temps et le jeu télévisé La Proie pour l’Ombre.

Il fait aussi des caméras cachées (Sans rancune), il double des films (Boule et Bill, La Flûte à 6 Schtroumpfs). Il prête sa voix à des lectures, dont Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.

Après sa retraite en 2003, il continue à participer à l’émission C’est presque sérieux l’après-midi sur La Première.

Georges Pradez est décédé dans la nuit du 31 août au 1ᵉʳ septembre 2014, à l’âge de 75 ans.
 

Virginie Jortay parle de son père

"Il n’est pas complexe, il est juste surprenant. Il est curieux, il est généreux, il a des talents multiples, il aurait pu faire du dessin, il aurait pu faire plein de choses. C’est l’un de ces personnages qui s’est fait tout seul, pas d’école, qui a su rebondir sur les opportunités, qui a fait un bond social extraordinaire, qui a fait un parcours d’exception."

"Dans la maison de Georges, il y a toute une vie, c’est-à-dire un bordel absolu et à la fois un rangement extrême, tout est classé, tout est dans des petites boîtes. Il y a un classement et un ordre qui reflètent son esprit multi touche à tout, autant dans le dessin que dans l’aviation, le son, la vidéo, le traitement de l’image, l’aérographe… Il avait une série de hobbies multiples, variés et dans lesquels il excellait."

"A la fin de sa vie, il s’était complètement détaché de la matière sonore, y compris la musique, c’était pour lui une autre vie."

"Il a commencé par être comédien, à Liège. Il a été vite dégoûté par la prétention de ses collègues. Comme il était amuseur, qu’il était au centre de la parole, dans l’attention, dans l’humour, dans la manière de raconter des histoires, la scène lui a servi à prendre ses assises physiques. Et puis la voix a remplacé la partie physique. Il aurait pu être comédien mais il est devenu un homme vocal."

"Dans son humour, ce qui l’influençait, c’était la connerie humaine, les accents, la langue, la musique. Il avait une passion, un don extraordinaire pour l’imitation de la scansion, la compréhension de ce qui fait une articulation du langage. C’était un don, il pouvait prendre un accent avec à peu près 0% d’accent. Il imitait des langages sans en connaître un seul mot et les gens étaient généralement assez bluffés. Même pour ceux qui la parlaient, c’était assez troublant, même si ça ne voulait rien dire."

"Il avait une ouverture du langage et de l’oreille. Je pense que ce n’est pas étonnant qu’il n’ait pas fait de la scène parce que tout passait par l’ouïe et par la bouche. Le corps peut-être ne pouvait pas suivre dans cette dextérité et cette technique-là."

"Il avait une facilité à rebondir sur les choses qui lui étaient présentées, qui pouvait faire au quotidien une forme de superficialité. Parce que le fond ne se dit pas, ou très tardivement. À un moment, la technique devient tellement impressionnante que le sens peut se perdre. C’est quelque chose qui l’a rattrapé avec le temps. La technique devient une espèce d’alchimie qui se met en cycle incontrôlable. Il a connu ce babil infini, qui fait peur à un moment. La pensée rebondit sans cesse et à un moment, il faut taper sur la table pour dire stop, qu’est-ce que tu veux dire ?"

"C’est quelqu’un qui vivait tout le temps ses émotions très fort. Il osait pleurer, il osait se fâcher, il ne se privait pas pour exprimer ses émotions."

"C’est quelqu’un qui n’a jamais cessé de grandir."

Retrouvez ici, dans Par Ouï-dire, ces témoignages, et la voix inimitable de Georges Pradez à travers de multiples archives. Une réalisation de Pascale Tison.

 

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