Georges Méliès, l'illusionniste devenu cinéaste

Le voyage dans la lune, 1902
Le voyage dans la lune, 1902 - © Tous droits réservés

Récit d’un des pionniers du cinéma. Récit d’un magicien, un illusionniste. Récit d’un des plus grands plus grands cinéastes de l’histoire, qui fut longtemps oublié. Thomas Van Deursen, diplômé d’un Master en écriture et analyse cinématographique et assistant à l’ULB nous parle de Georges Méliès.

Né en 1861 Georges Méliès est issu d’une éducation assez classique et aisée.Très tôt, il se passionne pour le dessin. A l'âge de 22 ans, il est envoyé par ses parents en Angleterre pour y perfectionner son anglais. Il découvre la prestidigitation à Londres. Il va peindre y des tableaux, notamment des fonds de scènes, pour un illusionniste réputé de l’époque.

Il revient à Paris en 1885 et épouse Eugénie Genin, une pianiste et amie de la famille qui va lui apporter une sécurité financière. Méliès présente un numéro de magie dans des brasseries et au musée Grévin et dessine des caricatures dans les journaux.

Tout commence avec l'acquisition d'un théâtre

L’année 1888 marque un tournant pour le futur cinéaste. Il achète le théâtre Robert Houdin qui est un théâtre un peu déliquescent suite à la mort de son créateur du même nom. Ce dernier a réalisé, dans son théâtre, beaucoup d’illusions à partir d’automates que Méliès rachète également et restaure.

Dans son nouveau théâtre, Méliès y fait de la magie, des illusions scénarisées – comiques ou dramatiques –, du pantomime, des spectacles d’automates. Il y fait aussi des projections de lanterne magique, un des ancêtres du cinéma, composé d’une lampe et d’un défilement d’images. Il crée en 1891, l’Académie de Prestidigitation, qui devient un syndicat en 1904. Méliès est un homme engagé et va contribuer à donner un statut aux magiciens.

Le cinéma des frères Lumière comme révélation

Le 20 décembre 1895, c’est la révélation pour Méliès. Il assiste à la répétition de la première projection du cinématographe des frères Lumières. Face à cela, il se rend compte du potentiel que cela constitue pour son art et son envie de partager ses rêves à un public le plus large possible. Le soir même de la projection, il tente de racheter les droits du cinématographe aux frères Lumières. À ce moment-là, le père des frères Lumière, Antoine Lumière, lui affirme qu’il s’agirait d’un mauvais investissement car le cinéma n’est destiné qu’à une activité de forain et qu’il n’a pas d’avenir commercial.

Peu après cela, diverses machines similaires au cinématographe commencent à émerger un peu partout et notamment en Angleterre. Le réalisateur du "Voyage dans la lune" y achète un projecteur pour pouvoir projeter des films dans son théâtre à Paris. Pour l’anecdote, le premier film qu’il projette est un plagiat. Il s’agit de la projection d’une partie de cartes. À l’époque, c’était cependant très courant de projeter des films réalisés par d’autres cinéastes.

En 1897, Georges Méliès crée, dans sa propriété de Montreuil, les premiers studios de cinéma du monde : Star Film. Il décide de travailler avec des acteurs qu'il connait, issus notamment de son théâtre de prestidigitation. La plupart de ces acteurs ne voient cependant pas d'un bon œil le fait de passer du théâtre au cinéma à une époque où ce dernier n'a pas encore acquis ses lettres de noblesse et reste un art destiné aux masses. Dans ses studios, Méliès réalise près de 600 courts métrages destinés à être projeter dans les foires. 

Par la suite il va créer, entre autres et nombreuses inventions, le film politique, durant l'affaire Dreyfus, et le "Star system". 

Après la guerre 14-18, beaucoup de ses pellicules ont été brûlées et il tombe peu à peu dans l'oubli. Jusqu'à ce que les surréalistes redécouvrent son oeuvre en 1929... 

Pour en savoir plus (ré)écoutez l'émission ci-dessous. 

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