GABRIEL RINGLET ET LA VOIE DES MOINES-POETES par Pascale TISON

1er épisode

Gabriel Ringlet avec " Effacement de Dieu, la voie des moines-poètes " (Albin Michel) va à la rencontre de la poésie souvent secrète et peu diffusée de quelques moines et moniales d’aujourd’hui.

C’est sa visite à l’abbaye cistercienne du Val Notre-Dame, à Saint-Jean de Matha au Nord de Montréal, qui été le point de départ de sa recherche. Cette abbaye contemporaine, pensée par l’architecte Pierre Thibault, respire une sérénité ouverte sur la forêt. Comme cadeau aux moines, Gabriel Ringlet s’attela à la découverte des moines-poètes qu’il leur présenta l’année d’après.

L’occasion d’une rencontre avec un prêtre écrivain, toujours en recherche.

Les six moines-poètes que l’auteur nous invite à découvrir dans ce livre sont François Cassingena-Trévedy, moine à Ligugé, Gilles Baudry, bénédictin à Landévennec, Jean-Yves Quellec, prieur du monastère de Clerlande, Catherine-Marie de la Trinité, dominicaine contemplative à Prouilhe, Charles Dumont, cistercien à Scourmont, et Christophe Lebreton, le plus jeune des moines martyrs de Tibhirine.

 

Diffusion Par Ouï-dire

2e épisode

On les suspecte souvent d’avoir choisi ce mode de vie pour fuir le monde. Une vision du monachisme que le théologien et écrivain Gabriel Ringlet récuse totalement. Pour lui, ces hommes et ces femmes ne se sont pas mis hors champ pour fuir le monde, mais pour le rejoindre en profondeur, à l’image de ce Dieu présent-absent, qui " se révèle en se cachant ". Fort de cette conviction, l’ancien vice-recteur de l’UCL ajoute d’ailleurs un cinquième vœu à ceux que prononcent traditionnellement les contemplatifs : le "vœu d’effacement", qui consiste à faire " peu de bruits " autour de Dieu. 

Pas étonnant, dès lors, que la poésie se sente chez elle dans les monastères et abbayes, et cela depuis les débuts du christianisme. Hildegarde de Bingen, Mechtilde de Magdebourg, Hadewijk d’Anvers, Thérèse d’Avila… tous ces grands mystiques ont effectivement eu recours à ce langage à la limite du dicible, qui, " comme Dieu se tient dans la sobriété, dans le manque, pas au-dessus de la mêlée mais tout en bas, dans les tranchées, sous les éboulements, là où le Verbe se fait chair ".

 

 

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