Faut-il interdire les écrans aux enfants et adolescents ?

Bruno Humbeeck, psycho pédagogue à l’Umons nous apporte une réponse nuancée et des pistes de réflexions sur la question. Pour lui, ce qui pose problème dans les relations entre les adultes et les adolescents c’est la diabolisation de l’écran plus que l’objet en lui-même.

 

S’il est vrai qu’il est nécessaire de protéger les enfants des usages des réseaux sociaux, il est certain que la meilleure façon de le faire n’est pas en diabolisant les écrans. Notre intervenant propose d’aborder les réseaux sociaux avec les enfants comme étant de chouettes plateformes. Tout en précisant qu’il faut rester vigilant et qu’ils doivent parler des problèmes qu’ils peuvent y rencontrer.

 

La règle des 3, 6, 9

On dit généralement qu’en dessous de 3 ans, il faut éviter d’exposer les enfants aux écrans. Cependant, le psychopédagogue "reste convaincu que pour la touch-generation ce n’est pas un problème non plus, les enfants pensent avec leurs doigts".

 

Addiction ou aliénation ?

Il n’y a pas de risque d’addiction aux écrans chez les adolescents

En effet, selon Bruno Humbeeck, le risque d’addiction est présent uniquement chez les jeunes adultes ou l’adulte en péril d’inscription sociale.

Par contre, ce dont on parle chez les adolescents, c’est de l’aliénation. C’est-à-dire une tendance à ne pas savoir s’en passer et à le considérer comme une excroissance de son corps. Mais ne pas confondre avec l’addiction qui est une dépendance forte qui fait que la quantité d’heures de vidéos met en péril les liens sociaux, ce qui est très rare.

 

Pour prévenir l’aliénation, 3 mécanismes sont à mettre en place :

  1. Alternance : mettre en place des occupations diversifiées ;
  2. Autorégulation : proposer à l’enfant de gérer son temps si les résultats scolaires suivent par exemple ;
  3. Accompagnement : ne pas laisser l’enfant seul, le conseiller, l’écouter et lui faire comprendre les risques. " Il faut évidemment en prévenir les dérives comme le cyber harcèlement qui sont des usages asociaux des réseaux sociaux " nous dit Bruno Humbeeck.

 

Pour l’intervenant, les écrans et les nouvelles technologies liées à ceux-ci ne sont a priori pas négatifs, mais ils doivent être compris dans des mécanismes éducatifs qui permettent d’éviter les dérives.

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