Et si le danger venait plutôt de Chine ? Les dossiers d'Ecomatin

Bourse chinoise
Bourse chinoise - © Google

Françoise Gilain évoque un dossier dans l'actualité économique.

Les investisseurs européens ont les yeux rivés sur le problème grec, mais ce qu'ils ne semblent pas voir, c'est qu'il y a le feu à l'autre bout du monde, sur un marché qui peut faire chanceler l'économie mondiale : c'est celui de la Chine. La bourse continentale de Shangai et de Shenzen est en déroute. A la baisse ce matin, elle a dévissé hier de 6% alors qu'elle a déja perdu 30% de sa valeur sur trois semaines de temps.

Ce ne sont pas moins de 3.000 milliards de dollars de capitalisation boursière qui sont partis en fumée, ce qui équivaut à une douzaine de fois le PIB de la Grèce. C'est énorme. Qu'est-ce qui explique ce plongeon ?

C'est une macro-correction. Après une macro-propulsion, la bourse chinoise a gonflé de 150% sur un an. On achetait des actions à tour de bras, on côtait des entreprises à tout vent. Les Chinois aiment le jeu, 90 millions de personnes se sont mises à boursicoter. Quand les autorités ont tenté de freiner les ardeurs pour éviter l'emballement de la machine, il était trop tard. Le retournement a été brutal.

Et quand tout le monde vend en même temps, c'est la panique. Mais les autorités chinoises ne sont pas intervenues ?

Si bien sûr, elles tentent d'enrayer ce mouvement de vente irrationelle. Elles viennent par exemple d'interdire à ceux qui détiennent plus de 5% du capital d'une entreprise de vendre leurs titres avant 6 mois, sous peine de sanction. Elles ont ouvert des lignes de crédit pour inciter les banques et les assaurances à racheter des paquets d'actions. Elles ont suspendu la cotation de 40% des entreprises qui préfèrent être hors-jeu que de perdre leurs plumes. Mais jusqu'ici, rien n'y fait.

Alors est-ce que cette crise boursière risque de se propager au reste du monde ?

D'un point de vue boursier, elle a déjà contaminé la place de Honk Kong (qui côte beaucoup d'actions chinoises). Et elle inquiète fortement la bourse de Tokyo. Mais elle ne risque pas d'ébranler nos marchés, en Europe et aux Etats-Unis. Parce que les actions chinoises ne pèsent pas plus de 2% dans nos indices. Le plus grand danger, c'est que cette crise impacte l'économie chinoise. Parce que c'est le 2e moteur de croissance du monde, derrière les Etats-Unis. Alors l'Europe tremblerait, bien plus fort que sous le choc de la crise grecque.

 

 

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