Episode 1: 14-18, une guerre que les Belges n'attendaient pas

Le 4 août 1914 à 5h30, les troupes allemandes franchissent les frontières de la Belgique.

La Belgique pourtant neutre, est attaquée.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi la Belgique a-t-elle été impliquée dans cette guerre ?

La Belgique en guerre: 5 articles pour mieux comprendre le rôle de la Belgique dans la Première Guerre Mondiale. 

 

Au début du XXe siècle, la Belgique est la 5ème puissance industrielle de la planète. C’est aussi le pays le plus densément peuplé au monde et son prolétariat est particulièrement mal loti. Elle s’est dotée d’une encombrante colonie africaine qui la gonfle d’importance sur la scène internationale. Cet insouciant " mini-géant " exporte avec succès son savoir-faire, ses ingénieurs et ses artistes dans le monde entier ; c’est un champion du " soft power " comme on dirait aujourd’hui.

La Belgique, pas prête pour la guerre

Apparemment, la Belgique peut dormir sur ses deux oreilles : la France, Allemagne et la Grande-Bretagne sont garants de sa neutralité perpétuelle. Seuls les Pays-Bas ont représenté une menace mais c’était il y a longtemps et, dans cette partie de l’Europe occidentale, le canon est muet depuis plus de 80 ans. La modeste armée belge est d’ailleurs vieillotte et chroniquement sous-équipée. Elle ne sort de ses casernes que pour parader ou tirer sur les ouvriers en colère – la grève est hors-la-loi en Belgique. Quant aux formidables fortifications érigées vingt-cinq ans plus tôt, elles ne sont déjà plus adaptées aux récentes évolutions de l’art de la guerre.

Des tensions voisines qui menacent la Belgique

Or, depuis plusieurs années déjà, la tension monte entre les principales puissances européennes. La France n’a jamais digéré la perte de l’Alsace-Lorraine après la guerre franco-prussienne de 1870-71. En position de faiblesse sur le continent, elle a noué une alliance contre-nature avec la Russie impériale.

En cas de conflit, l’empire d’Allemagne craint donc d’être pris à revers. Son vieil allié, l’empire multiethnique d’Autriche-Hongrie, pourrait faire la différence mais il est lui-même en proie à d’importantes difficultés, notamment dans les Balkans.

L’autre partenaire est l’Italie. Mais Rome est bien versatile et convoite par ailleurs le Trentin-Haut-Adige et l’Istrie, territoires autrichiens…

Enfin, il y a la Grande-Bretagne. Elle regarde loin au-delà de l’horizon et ne tolérerait pas qu’on menaçât son hégémonie sur les mers. Sa rivale de toujours est la France mais depuis plus de dix ans un intérêt bien compris a poussé les deux pays à se rapprocher.

A Londres, on regarde avec inquiétude grandir le goût des Allemands pour les tropiques. Afrique, Chine, Pacifique : l’empire du Kaiser est déjà fort bien implanté. Et pour entretenir sa croissance, la marine de guerre allemande met en ligne de plus en plus de navires modernes, rapides et puissants.

De l'élément déclencheur à l’effet domino

Au cours de l’été 1914, le jeu des alliances débouche sur une situation ubuesque. A la suite de l’assassinat de l’archiduc austro-hongrois François-Ferdinand à Sarajevo, Vienne se fâche contre Belgrade.

La Russie prévient alors que si on touche à un cheveu de la Serbie, elle interviendra. Berlin réplique que si la Russie attaque l’Autriche-Hongrie, l’empire allemand entrera dans la danse. Paris menace : si on attaque Saint-Pétersbourg, la France ne restera pas les bras croisés.

La Belgique en travers des ambitions allemandes

Alors, le haut-commandement allemand sort de ses cartons son vieux plan stratégique qui prévoit de se lancer violemment contre la France, la battre en quelques semaines, et ensuite se retourner contre la Russie.

Sur papier, le Plan Schlieffen a l’air très bien. Mais il suppose d’emprunter le chemin le plus direct entre Berlin et Paris… qui passe par Bruxelles. Qu’importe : les Belges n’ont pas les moyens d’arrêter la machine de guerre allemande, tellement bien huilée. D’ailleurs, ils ne se défendront même pas. Ou alors juste un peu, pour le principe. Reste une inconnue de taille : que fera la Grande-Bretagne en cas de violation de la neutralité belge ? On verra bien, tout ira tellement vite que personne n’aura le temps de réagir. Alea jacta est.

Le 4 août 1914 à 5h30, les premiers uhlans franchissent la frontière belgo-allemande du côté de Mouland et de Fouron-le-Comte.

 

 

Découvrez en plus sur l'histoire de la guerre 14-18 sur le site www.rtbf.be/14-18/

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK