En Wallonie, désormais plus d'appartements que de maisons

La quatre façades avec jardin a longtemps été le modèle d’habitat typique en Wallonie. Pour la première fois, en 2018 (du 1er décembre 2017 au 30 novembre 2018 pour être précis), le nombre de permis de bâtir octroyé pour des appartements (5774) a dépassé celui octroyé pour des maisons (5404), selon les chiffres de Statbel, l’Office belge de Statistique. La Wallonie rejoint ainsi les deux autres régions du pays où l’on construit depuis longtemps plus d’appartements que de maisons.

Les appartements ont donc la cote mais par définition, difficile pour un particulier de se faire construire le sien dans son coin. Ce sont les promoteurs immobiliers qui en profitent. Ce sont eux qui font construire de nouveaux immeubles et puis qui les revendent à l’unité.

" Il y a un retour à la ville "

Régis Ortmans est le responsable du promoteur immobilier Matexi pour Liège-Namur-Luxembourg, il constate dans son quotidien le succès des appartements, il s’en vend plus qu’avant : " On voit bien le changement d’habitude. Il y a 20-30 ans, le rêve en Wallonie, c’était la quatre façades et le jardin à la campagne. Aujourd’hui, il y a un retour à la ville, les gens veulent se rapprocher de leur boulot, être mieux connectés, passer moins de temps sur la route ".

Beaucoup de propriétaires de quatre façades sont des baby-boomers. Aujourd’hui ils vieillissent, les enfants sont partis et une grande maison, il faut l’entretenir. Certains achètent donc un appartement : " Quitte à le louer au début pour ne pas quitter leur maison tout de suite, mais il pense à leurs vieux jours, un appartement avec ascenseur peut s’avérer plus commode qu’une grande maison ".

Et puis faire construire sa maison coûte cher, la TVA est à 21% pour le neuf, et les banques ne prêtent plus comme avant 100% ou 120% du budget construction.

Terrains plus rares

Il y a moins de terrains disponibles qu’avant pour construire. C’est vrai depuis longtemps en Flandre et à Bruxelles, plus denses, ça devient vrai en Wallonie. " On commence à concevoir l’habitat différemment constate Régis Ortmans. La population croit, pas le territoire. On construit donc de plus en plus à la verticale, on s’étale moins à l’horizontale ".

Et puis construire de nouveaux quartiers, ça implique des infrastructures : Construire des rues, des égouts, des lampadaires… " Si dans une nouvelle rue, on peut construire 20 appartements, plutôt que 5 maisons, le coût de l’infrastructure à l’unité sera moindre, c’est plus intéressant ".

Il a donc une corrélation entre la densité de l’habitat et le succès des appartements. En ville il y a beaucoup de monde, on y trouve beaucoup d’appartements. C’est désormais vrai en dehors des villes aussi. Y compris dans les communes rurales, dans les villages où l’on voit de plus en plus de projets immobiliers d’immeubles à appartements sortir de terre.

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