En Suisse et en Islande : révolutionner la démocratie

En Suisse et en Islande : révolutionner la démocratie
En Suisse et en Islande : révolutionner la démocratie - © Pixabay

La démocratie est dans une impasse. Alors si on allait faire un tour en Suisse, pour comprendre comment fonctionne leur système de votation ? Ou en Islande, où des citoyens, avec l'aide d'experts, ont intégralement réécrit leur constitution. Est-ce qu’on pourrait faire pareil et co-écrire une constitution européenne ?

Face aux chiffres toujours importants d'abstention au vote et au mouvement des gilets jaunes en France, on entend partout qu’il faudrait une démocratie plus participative. Foule continentale vous propose :

  • d'entendre une 'vingtenaire' et trois trentenaires qui se mobilisent sur ces questions.
  • de parler aussi de ce qui s’est passé quand l’Islande a décidé de faire appel à ses citoyens pour rédiger une nouvelle constitution.
  • Et puis, aussi d'aller voir le cas suisse. Parce qu’on parle beaucoup de leur modèle où le peuple est souvent consulté par référendum. Quatre dimanches par an sont réservés aux votations. Plus de 550 objets ont été soumis aux citoyens depuis la création de l’État fédéral en 1948. Les sujet des référendums : la santé, les impôts, l’énergie, la sécurité routière... sont très proches des gens. On leur soumet des questions, auxquelles la réponse est oui ou non. Apparemment, le plus souvent, c’est non et le taux de participation est de 40% en moyenne. 

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Till Burckhardt a 35 ans, il termine une thèse à l’université de Genève sur les politiques linguistiques en Suisse. Il est le fils d’un père suisse germanophone et d’une mère suissesse italophone. Il appartient au mouvement citoyen Operation Libero, un groupe d'activistes qui, selon le quotidien britannique The Guardian, aurait peut-être trouvé le moyen de freiner les populistes d'extrême droite en Suisse. Till explique qu'en Suisse le peuple est un organe politique et constituant. Avec ce système, la constitution évolue beaucoup, on vote plusieurs fois par an. Le principal reproche à l'égard de ce système où le peuple est souvent consulté, c'est la lenteur des évolutions législatives, comparé par exemple au système français, beaucoup plus réactif mais aussi facteur de beaucoup d'instabilité.

Janos Ammann a 26 ans, il habite à Schwamendinguen en banlieue de Zurich, où les loyers sont moins chers. Il est en stage dans une société d'assurance et il est lui aussi un membre actif de Operation Libero. En ce moment, il se mobilise sur la campagne du prochain référendum qui aura lieu en Suisse : faut-il ou non durcir la législation sur la détention d'armes automatiques pour se mettre en conformité avec les nouvelles directives européennes s'appliquant à l'espace Schengen ? Pour Janos, les référendums sont utiles pour donner voix à des voix qui n’étaient pas écoutées, mais il existe aussi un très grand potentiel d’être abusé et déçu. Pour lui, le plus important c'est d'accompagner les référendums par l’éducation, le débat d'idées.

<< Un article Sur Opération Libero paru dans 'Le Temps' >>
 

Shahin Vallée est spécialiste des questions européennes et est proche de Thomas Piketty, co-auteur d'un petit ouvrage qui dit que non, les traités européens ne sont pas une fatalité. Le livret s’intitule sobrement mais explicitement "Changer l’Europe c’est possible". Il nous parle de l'exemple de l'Islande où, sous la pression populaire, une constituante a été menée par les citoyens eux-mêmes. 

<< À lire, dans Libération, un article sur l'initiative de Thomas Piketty 
pour rendre l'Europe plus sociale >>
 

Samuel Goëta est sociologue de formation et a écrit une thèse sur l'open data, c'est à dire la mise en ligne de données en libre accès, un mouvement qui pourrait faire avancer la démocratie participative, en ce qu'elle donne des outils à tout citoyen. Il a co-fondé la SCOP Datactivist qui travaille justement à traiter les données produites par toutes les administrations et que la loi oblige désormais à rendre publiques et accessibles aux citoyens. Ce sont plutôt des données factuelles ou si ce sont des données personnelles elles sont anonymisées. Ces données concernent par exemple le nombre de bancs, d'arbres, de km de pistes cyclables, les budgets, les dépenses, les subventions d'une collectivité publique. Leur libre accès permet en théorie aux citoyens d'être à armes égales avec l'administration, de s'informer, de contester des décisions, d'améliorer des projets. Le problème c'est qu'elles ne sont pas toujours facile à trouver... 

 

Une émission diffusée le 12 mai 2019
sur France Inter
Caroline Gillet, productrice et présentatrice
Benjamin Riquet, réalisateur
Martine Meyssonnier, attachée de production

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