En Prem1ère Ligne : La révolution bancaire venue d'Afrique

Internet en Afrique
Internet en Afrique - © Google

L'Afrique leader des paiements par téléphone mobile, l'Amérique Latine dans le train, les puissances occidentales à la traine. Nos modes de paiement vont-ils radicalement changer dans les années à venir ? Un grand groupe bancaire lance par exemple les paiements par Twitter. Robin Cornet en parle avec l'économiste Geert Noels.

L’Équateur va devenir le premier pays à lancer sa propre monnaie virtuelle. La première émise par une banque centrale. Elle devrait faire son apparition en décembre. Cette monnaie serait en particulier destinée aux transactions par téléphone portable. Une technologie en plein essor. En particulier dans les pays du tiers monde. En Équateur 40% de la population n’a pas accès au système bancaire. Les paiements par GSM pourraient considérablement simplifier la vie de ceux qui vivent éloigné des agences bancaires.

Dans ce domaine, c’est l’Afrique qui a été pionnière. En 2011, l’Afrique de l’Est concentrait déjà 80% des transactions effectuées sur mobile. S’il y a un domaine dans lequel, les pays africains ont dépassé les puissances occidentales, c’est bien celui-là. Rien qu’au Kenya, 2.8 milliards d’euros circulaient par téléphone. Le système s’est rapidement propagé un peu partout en Afrique où certains reçoivent leur salaires et paient leurs factures par téléphone.

La semaine dernière, Apple présentait en grande pompe la technologie de paiement qui équipe désormais ses iPhone 6. Elle permet aux utilisateurs de régler un achat dans un magasin simplement en approchant le téléphone d’un terminal de paiement. Demi-nouveauté. Au Japon, des puces permettant les paiements électroniques équipaient déjà la quasi-totalité des téléphones, à l’exception des Apple, depuis dix ans.

Au Kenya, on n’a pas attendu l’iPhone 6 pour devenir leader mondial des paiements par téléphone. En sept ans, la banque par téléphone a conquis la moitié des kényans. Et pour cause : 80 % des Kényans possèdent un GSM alors qu’ils sont des millions à ne pas avoir accès au système bancaire. Les agences de banques sont souvent trop éloignées, les moyens de transports médiocres et les frais de gestions d’un compte sont trop élevés pour les plus pauvres. Peu coûteuse, la banque sur GSM permet désormais à tous d’envoyer et de recevoir de l’argent ainsi que de payer des biens et des services. Le système kényan M-Pesa s’exporte désormais jusqu’en Europe puisque qu’il est en train d’être implanté en Roumanie.

Va-t-on, nous aussi, régler bientôt nos achats à l’aide de nos téléphones portables ? Les modes de paiements évoluent en tout cas. De plus en plus de banques proposent des portefeuilles électroniques utilisables avec des applications pour Smartphones.

BPCE, le deuxième groupe bancaire français, vient d’annoncer qu’il lancerait au 1er octobre les paiements par Twitter. Techniquement, on ne sait pas encore bien comment cela fonctionnera. Mais tous les abonnés de Twitter, quelle que soit leur banque, pourront utiliser ce service présenté comme " très simple ", à condition de disposer d’une carte de crédit. Les réseaux sociaux s’étaient déjà lancés dans le e-commerce. Facebook est en train de tester un bouton " acheter " qui permettrait aux internautes de s’offrir des produits sans quitter l’univers Facebook.

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