En Prem1ère Ligne : Internet Slowdown Day

En Prem1ère Ligne : Internet Slowdown Day
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Des dizaines de sites internet mènent une journée d'action pour défendre la "neutralité du web". De quoi s'agit-il ? Pourquoi est-elle menacée ? En quoi cela vous concerne, vous, internautes ? Robin Cornet en parle avec Benjamin Bayart qui préside le Fonds de Défense de la Neutralité du Net en France.

L’action est symbolique. Une forme de "manifestation" de sites internet. En ce 10 septembre, plusieurs grands sites, essentiellement américains, vont défendre ce que l’on appelle la "neutralité du net". Tumblr, Netflix, Digg, WordPress ou encore Vimeo font partie des sites participant à cette journée de mobilisation.

L’Internet Slowdown Day sonne comme un appel à ralentir. En réalité, vous n’allez pas surfer plus lentement mais, en signe de protestation, les sites participants afficheront une roue comme celle qui apparait généralement quand une page met du temps à charger.

Une pétition est également mise en ligne et les internautes sont invités à changer leur photo de profil Twitter ou Facebook pour défendre la neutralité du net face à la volonté des autorités américaines de laisser une plus grande liberté aux opérateurs télécoms, leur permettant d’instaurer un "internet à deux vitesses ".

Les défenseurs de la neutralité du Net veulent contraindre ces opérateurs – comme Belgacom ou Voo - à ne discriminer ou n'avantager aucun utilisateur dans façon dont il utilise le réseau.

En clair : tout le monde doit avoir accès au "même internet ", chacun doit pouvoir consulter des contenus ou envoyer des données dans des conditions identiques, où qu’il se trouve et quel que soit son opérateur.

Cela signifie, d’abord, ne pas censurer, ne pas bloquer l’accès à certains sites, comme le font des régimes autoritaires. Cela veut dire, aussi, pouvoir librement créer des sites, les mettre en ligne et être assuré que les internautes puissent y accéder sans être limité, par exemple, en raison d’une vitesse de téléchargement des pages trop lente. Parce que si un site est difficilement consultable, les internautes se tourneront vers d’autres sources.

 

Quelque part, "le droit de ralentir, c’est aussi un droit censurer", dit Benjamin Bayart qui explique que si une mauvaise transmission dissuade les internautes de consulter tel ou tel site, cela aura une influence sur le choix de ses sources d’information et donc, potentiellement, sur sa vision du monde et de la société. On aurait donc tendance à sous-estimer le pouvoir des opérateurs.

Aux Etats-Unis, il est envisagé de permettre aux fournisseurs d’accès de proposer des tarifs différents et de faire payer plus cher les sites qui voudraient un débit rapide. De son côté, le Parlement Européen a adopté au printemps dernier une position ferme pour garantir un accès au réseau sans discrimination. Un premier vote. Reste à voir si cette position sera suivie par le Conseil des ministres européens.