En Prem1ère Ligne - De 320.000 à 400.000 jeunes homos à la rue aux États-Unis. Et chez nous ?

A la rue. Mis à la porte par leurs parents. Rejetés par leur entourage. Combien sont-ils, ces jeunes homosexuels à avoir été exclus de leur milieu familial après avoir annoncé leur homosexualité ? Difficile à estimer. Mais les cas sont trop nombreux pour parler "d’exceptions". En Belgique, aucun chiffre...

Où vont les jeunes gays et lesbiennes qui sont en rupture avec leurs familles ? Que font-ils lorsque que leurs parent leur ont coupé les vivres ? Ils se débrouillent. Ils font appel aux CPAS ou à des associations. Mais il n’y a pas d’organisation spécifique pour les accueillir. D’où la difficulté d’estimer l’ampleur du problème. Pour les victimes, discriminées, rejetées, parler n’est pas simple. L’homosexualité reste tabou dans bien des milieux.

C’est une vidéo poignante. Elle a fait le tour du web, il y a deux semaines. Plusieurs millions d’internautes l’on vue. C’est Daniel, 19 ans, qui l’a enregistrée avec son téléphone alors qu’il annonçait son homosexualité à sa famille. On voit que la discussion s’envenime très vite. Ses parents lui reprochent de ne pas respecter la volonté de Dieu. Les insultes fusent. Les coups suivent. Daniel est mis dehors. Il a de la chance dans son malheur. Son cas a ému les internautes et les médias. Une collecte lancée sur le Net pour lui venir en aide a permis de récolter au moins 90.000 dollars.

Des chercheurs de l’Université de San Francisco estiment que de 320.000 à 400.000 jeunes homosexuels sont actuellement à la rue. Des familles qui coupent les ponts. Peu de structure d’aide. Les chercheurs estiment que les homosexuels représentent 5% des jeunes mais aussi 40% des jeunes SDF.

Rolling Stones Magazine, qui publie sur son site un gros dossier sur le sujet, rapporte une série d’autres cas. Comme celui de Jackie. Elle avait tout pour être heureuse et réussir. Toujours première de classe, très investie dans le sport et les initiatives locales, une belle maison, un jardin avec piscine, une voiture à ses 16 ans, puis un logement sur le campus universitaire. Le jour où elle a annoncé sa relation avec une autre fille, ses parents lui ont coupé les vivres du jour au lendemain et ils n’ont plus jamais accepté de la revoir. Le cas de Jackie montre que les discriminations frappent tous les milieux sociaux, y compris les plus favorisés. Un élément revient cependant souvent : la religion.

A New York, Carl Siciliano gère des refuges pour sans-abris. "Avant, témoigne-t-il, on hébergeait surtout des alcooliques, des gens désocialisés et des malades mentaux. Au fil du temps, on a vu arriver une population de plus en plus jeunes et éduquée : de nombreux adolescents homosexuels". Il s’étonne d’ailleurs que cela n’ait pas d’avantage alerté les associations de défense des gays et lesbiennes. Face à cet afflux, Carl Siciliano a ouvert un premier centre d’accueil, spécifiquement dédié aux LGBT. Désormais, New York compte environ 320 places pour les homosexuels sans abris. C’est peu. Ils seraient près de 2.000 dans les rues de la ville.

En France, l’association Le Refuge, créée il y a 11 ans, a ouvert des centres d’accueil pour les jeunes rejetés à cause de leur sexualité. Ils peuvent y être hébergés plusieurs mois et bénéficier d'un accompagnement social et psychologique. De quoi les aider à se construire un projet de vie. Rien de comparable existe en Belgique.

@robincornet

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