"En maison de repos, on rit, on s'amuse, on pleure aussi"

"En maison de repos, on rit, on s'amuse, on pleure aussi"
"En maison de repos, on rit, on s'amuse, on pleure aussi" - © Pixabay

Outre le défi de devoir changer l’image qu’elles ont, les maisons de repos, d'accueil, doivent être des lieux de vie où même la décoration d’intérieur rend possible une prise en charge respectueuse, empathique mais aussi dynamique. Comment mettre cela en place ?

Faire face au vieillissement de la population passe obligatoirement par l’adaptation et la réhabilitation des maisons de repos et autres centres d’accueil pour personnes âgées et/ou fragilisées. Aujourd’hui, on n’envisage plus la vieillesse de la même façon qu’il y a 40 ans. Le défi des maisons de repos est de réussir à s’adapter à ce changement, à répondre à ces populations vieillissantes, et aussi à changer d’image. L’amélioration de ces soins et de ces relations passe par des aménagements bien spécifiques.

La Résidence Malibran vient par exemple de repenser totalement son intérieur, de le redynamiser, expliquent Pierre Demanet, son directeur, et Hilda Gianfreda, du service nursing. Ils ont fait appel à l’association Philémonde, qui recrée globalement l’aménagement intérieur des collectivités qui font appel à ses services, en tenant compte des demandes et besoins des gens, personnel et patients. La thématique de l’alzheimer a été centrale dans le projet de la Résidence Malibran, précise Catherine Dedye.


Un besoin de liberté

La relation avec les soignants est essentielle pour ces patients car c’est souvent le seul lien qu’ils ont encore avec la réalité : les soins, les petits gestes, les sourires, les paroles réconfortantes, l’accompagnement sont précieux.

Tous les résidents désorientés sont différents, ils ont chacun besoin d’activités différentes pour tisser des relations : la résidence leur propose aromathérapie, poupées d’empathie, petits chiens animés, bains confort, esthétique…

Les patients ont besoin de liberté, ils vivent dans leurs souvenirs. En décoration, comment traduire ce besoin de liberté ?

Une reconstitution de train a par exemple été mise en place par l’association Philémonde, et ce lieu où l'on peut s'installer, voir défiler les noms des gares... a été très utile pour apaiser certains patients désorientés, leur faire revivre des souvenirs, leur redonner la parole : un vrai retour à la communication !

Un appartement vintage, avec une véranda, a été construit de toutes pièces, mettant en scène des références connues, que les patients n’ont plus l’occasion de voir : oiseaux, animaux, arbres… Ils retrouvent ainsi la possibilité de 'voyager', quand physiquement ils ne l’ont plus, et de se projeter vers l’extérieur. "On humanise la personne en la prenant au coeur de son intérêt et en lui donnant ainsi la place qu’elle mérite", explique Hilda Gianfreda, du service nursing.


Une image qui change

Il est important de réhabiliter l’image de ces maisons d’accueil pour personnes âgées. On a souvent un regard négatif sur ces endroits : prix prohibitif, attention insuffisante, mouroir…

Le personnel de ces résidences a envie que ce regard change et met beaucoup de choses en place pour améliorer la situation. "En maison de repos, on rit, on s’amuse, on pleure aussi", confie Hilda Gianfreda.

Le politique devra se pencher sur cette question des prix, qui dépend de l’infrastructure, plus ou moins moderne, plus ou moins adaptée, des soins pratiqués… Le personnel soignant est payé par la sécurité sociale, mais les normes ne permettent pas qu’il soit suffisant. Certaines institutions engagent donc du personnel supplémentaire sur leurs finances personnelles, pour procurer un plus grand confort des patients. Il s’agira en particulier de para-médicaux, pour une prise en charge en dehors des soins purs, des animations, des sorties extérieures ou des projets nouveaux.


Des mini-projets bien-être

En dehors de ces décors, d’autres actions sont mises en place, de la propre initiative du personnel : des petits-déjeuners internationaux, des nichoirs d’oiseaux, des poules, des bains douceur pour bien s’endormir, des bains toniques aux huiles essentielles. "Plein de personnes ont des mini-projets et c’est l’ensemble de ces mini-projets qui fait vivre l’institution, avec une bonne volonté et une créativité axées sur le bien-être du résident."

D’autres pistes : avoir la possibilité de faire la cuisine de temps en temps, pour soi ou pour d’autres, pouvoir aller régulièrement à la piscine, développer les sorties…

C’est la multiplication de toutes ces idées qui donne la vie à l’institution et procure une émulation de tous. C’est pourquoi il est important d’être à l’écoute de chaque petit souhait et d'essayer de le mettre en place, de façon à mettre ces personnes en valeur, en y mettant, le cas échéant, le budget nécessaire.

Ecoutez la séquence Tendances Première

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK