Ecomatin - Faut-il se méfier des entreprises chinoises qui investissent chez nous ?

Ecomatin - Faut-il se méfier des entreprises chinoises qui investissent chez nous ?
Ecomatin - Faut-il se méfier des entreprises chinoises qui investissent chez nous ? - © RTBF

La question se pose après l'échec de l'affaire Eandis en Flandre.

Eandis est le distributeur de gaz et d’électricité en Flandre, le pendant d'Ores en Wallonie. Eandis a voulu accueillir à son capital une entreprise d'état chinoise, State Grid. Cette entreprise lui aurait apporté 830 millions d'euros, en échange d'une prise de participation de 14% de son capital.

Mais le régulateur du réseau, la Vreg, s'en est mêlé. La sûreté de l’État aussi, et l'intercommunale d'Anvers, membre d'Eandis, s'est braquée. Moralité: l'affaire a capoté.

Des pressions politiques pour saborder le projet

La perspective d'avoir un investisseur chinois à bord des intercommunales flamandes a fait peur. Est-ce à tort ou à raison ?

L'énergie est un domaine sensible. C'est un secteur stratégique, et ce n'est pas le première fois que des deals avec ses chinois sont repoussés, on l'a vu dans une grosse fusion aux États-Unis.

Ici en tout cas, l'échec de State Grid n'étonne pas Nicolas Petit. Il est spécialiste du droit de la concurrence à l'Université de Liège et il estime qu'on ne sait pas toujours ce qui se cache derrière les entreprises d’État chinoises.

Des conditions de transparence qui ne sont pas toujours respectées

C'est souvent la boîte noire. Bien sûr, il ne faut pas voir la main du Parti Communiste Chinois dans toutes les décisions  d'investissement des entreprises d’État mais le régime n'en reste pas moins très centralisateur avec des plans quinquennaux à respecter.

Christophe Destais est économiste au CEPII à Paris, il prêche une prudence raisonnée face aux investisseurs chinois.

State Grid en tout cas plaide sa bonne foi mais la Flandre ne l'a pas entendu de cette oreille.

Françoise Gilain

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