Djibouti au Yémen en passant par l'Ethiopie

Djibouti au Yémen en passant par l'Ethiopie
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Djibouti au Yémen en passant par l'Ethiopie - © Tous droits réservés

Yasmine Ahmed va chercher au Yémen un bout de son identité. Le voyage entrepris en 2008 n’est pas sans risques. En 2011, la guerre civile éclate dans le pays.

Yasmine Ahmed est issue d’un couple mixte, son papa est Yéménite et sa maman, Française. Elle a toujours été intriguée par son côté yéménite. Quand on lui demande quelles sont ses origines, elle ne savait pas répondre. C’est donc dans un souci identitaire qu’elle décide d’entreprendre un voyage au Yémen.

J’ai voulu arrêter de vivre ma vie par procuration et partir explorer ce pays que je ne connaissais pas.

En 2008, le Yémen est déjà occupé par les groupes armés, la guerre civile éclate quelques années après, en 2011. Arrivée dans la capitale, Sanaa, Yasmine est accueillie dans une partie de sa famille yéménite.

Dans ce foyer, comme dans la majorité des demeures, les femmes sortent très peu de la maison. On s’occupe comme on peut, tantôt en s’enduisant les cheveux d’huile, ou en parlant d’éducation mais jamais une femme ne franchit seule le seuil de la maison.

Yasmine prend son courage à 2 mains, elle se saisit de son sac à dos et décide de pousser la porte d’un monde inconnu. Le sac à dos est un accessoire primordial. On peut s’y accrocher et simuler un sentiment de sécurité. Foulard autour de la tête, elle arpente seule les rues de Sanaa et malgré les regards insistants, un sentiment de sécurité l’habite. Sur la place Tahrir, un constat s’impose : il n’y a pas une seule femme au milieu de la foule.

 

De Sanaa à Djibouti

En exploratrice aboutie, Yasmine décide de s’envoler pour Djibouti. À peine l’avion a-t-il posé ses roues sur le tarmac, à peine a-t-elle franchi les portes de l’aéroport qu’elle tombe sur un cousin. Impossible d’échapper à la famille. Les cousins, les tantes, les neveux, tout le monde l’attend à la maison. Une proximité appréciée mais aussi gênante. La jeune femme comprend rapidement que ce voyage sera une découverte humaine. Difficile à présent de se déplacer seule ou de décider de ses activités.

Devant l’insistance de ses proches et cette oppression omniprésente, Yasmine décide de partir du pays, elle a besoin de respirer.

De Djibouti à Addis-Abeba

Ici, c’est son père, Saïd, qui l’accueille à l’aéroport. Voilà près d’un an qu’elle n’avait plus eu de contact avec lui. Le choc des retrouvailles s’accompagne d’un choc thermique. En Ethiopie il fait 20 degrés de moins qu’en Afrique de l’Est. Un sentiment de fierté envahit son père, le voyage entrepris par sa fille les rapproche. Saïd insiste, sa fille doit se rendre à Dire Dawa à 7 heures de route de la capitale éthiopienne. Sur la route, Yasmine découvre une végétation luxuriante. La flore n’est pas le but premier de cette expédition. Arrivé en ville, son père lui présente un jeune homme, un futur mari. Pas d’obligation, la demande s’accompagne d’un refus.

C’est le sourire aux lèvres, les yeux brillants et l’identité complétée que Yasmine Ahmed nous raconte son voyage initiatique.

Retrouvez l’interview dans son intégralité

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