Devenir "écocitoyen", pas à pas… C'est possible !

Devenir écocitoyen c’est évidemment bon pour la planète, mais aussi pour le portefeuille et surtout pour le moral. Julien Vidal, devenu écocitoyen depuis 2 ans, nous parle de son parcours et de la façon dont il est parvenu à transformer progressivement ses habitudes de vie pour les inscrire dans une démarche de consommation écoresponsable.

 

Pour Julien Vidal, 33 ans, tout commence il y a deux ans, lorsqu’il se lance le défi de changer le monde en 365 jours, en adoptant 365 gestes écocitoyens, 365 raisons d’y croire...  Il explique au micro de Véronique Thyberghien : " Je ne suis pas fou. On est face à une situation qui est assez catastrophique au niveau du dérèglement climatique, de la chute de la biodiversité. On voit que les ressources, sur lesquelles s’est basé le fonctionnement de notre société, sont en train de s’épuiser. D’un autre côté on voit nos gouvernants, nos grandes entreprises faire soit comme si de rien n’était, soit comme s’ils s’en préoccupaient sans vraiment agir. Alors, du coup, moi je me suis dit : "Et moi dans tout ça ?" Je ne peux plus me permettre d’attendre que les autres fassent ce que je peux commencer à faire à mon échelle ; c’est-à-dire, essayer de mettre en fin en cohérence mes valeurs de respect de la planète, de respect des autres êtres humains et puis surtout mon envie d’être heureux "avec" mon quotidien. Et comme toutes les bonnes résolutions que j’avais pris dans ma vie échouaient au bout de deux semaines, parce qu’on est vite repris par le quotidien, je me suis dit : "Essaye de te fixer un challenge un peu plus intense et parles en sur internet, histoire de t’exposer et de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’échappatoire possible". C’est comme ça que mon site "Ca commence par moi.org" est né."; un site sur lequel Julien Vidal témoigne au quotidien de sa conversion à l’écocitoyenneté et qu’il a décliné aujourd'hui sous la forme d’un manifeste utopique " Ça commence par moi ! Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde " publié chez Seuil.

" Ça commence par moi.org ", un site internet au succès retentissant !

 

Au moment où lui vient l’idée de lancer son site " ça commence par moi.org ", Julien Vidal se définit comme un citoyen standard : " Je suis un monsieur tout le monde, tout ce qui a de plus classique ". Un citoyen parisien dont les journées se rythment au quotidien par le traditionnel "métro-boulot-dodo". C’est alors entre 7 et 9 heures du matin, avant de partir au travail, que Julien partage, sur son site, les bonnes résolutions prises la veille. Son espoir est alors non seulement de s’obliger à tenir son défi, en se donnant une certaine visibilité, mais aussi de parvenir à inspirer des proches parmi sa famille et ses amis.

Au bout d’un an, il constate avec surprise que son site a été visionné par plus de 100 000 personnes. Il prend alors conscience qu’une véritable communauté est en train de se créer autour de ce projet d’écocitoyenneté : Nous sommes des milliers, des centaines de milliers et peut-être même des millions, partout dans le monde, à vouloir agir dans notre quotidien." dit-il, "Malheureusement ça se fait dans le silence du cadi qu’on pousse, rempli de produits bios, dans nos transports en commun ou en vélo pris tous les jours, ou derrière notre porte d’entrée, quant on se met à manger végétarien ou qu’on commence à faire ses produits d’entretien soi-même. L’écocitoyenneté, c’est un peu le dicton de la forêt qui pousse alors qu’on ne l’entend pas, alors que dès qu’un arbre tombe, on l’entend. ". Depuis sa création en 2016, le succès de son site n’a cessé de croître ayant été consulté aujourd’hui, par plus de 700 000 personnes.

Nous sommes des milliers, des centaines de milliers et peut-être même des millions, partout dans le monde, à vouloir agir dans notre quotidien."

Devenir écocitoyen, un parcours semé d’embûches ?

 

Julien Vidal explique que devenir écocitoyen n’est pas un chemin dénué de tout obstacle. Trouver la bonne information, la bonne recette pour se mettre à préparer, par exemple, ses produits d’entretien n’est pas simple : sur le web, il existe toute une panoplie de propositions de recettes faites maison, mais peu d’entre elles sont vraiment satisfaisantes. Le citoyen peut rapidement se sentir découragé par ses échecs...

Pour Julien Vidal il est important de témoigner, sur son site, de ces freins et de ses frustrations au quotidien dans ses démarches écocitoyennes, mais sans jamais lâcher. Car, à côté de ces difficultés - dont il ne souhaite pas cacher la réalité - il lui importe de parvenir à montrer l’étendue des petites ou grandes victoires personnelles qu’il est possible d’atteindre par la mise en place de gestes simples. Ainsi explique-t-il : " Ce qui fait le sel de cette aventure, c’est de pouvoir continuer à apprendre, d’apprendre de ses erreurs, et d’être chaque jour une version un peu meilleure de cet écocitoyen qu’on a envie d’atteindre et d’incarner. L’imperfection ne peut pas légitimer l’inaction. Mais dès qu’on dit aux gens que c’est soit tout noir soit tout vert, forcément, dès qu’ils vont buter sur quelque chose, ils vont se dire : "Ce n’est pas pour moi, tant pis j’abandonne". Alors, qu’entre le tout noir et le tout vert, il y a 50 nuances de verts qui vont permettre à chacun de s’y retrouver ! ".

" L’imperfection ne peut pas légitimer l’inaction ".

Devenir écocitoyen en se fixant des objectifs réalistes pour ne pas se décourager !

 

L’efficacité de la démarche de Julien Vidal tient sans doute à l’idée de s'engager, dans son quotidien, dans des actions écodurables, pas à pas. Son témoignage permet de prendre conscience qu’il n’est pas nécessaire de révolutionner sa vie du jour au lendemain, mais d’opérer progressivement des petits changements au niveau de ses habitudes de vie. Pour illustrer de façon concrète cette idée, voici quelques pratiques que Julien Vidal a adoptées à partir du mois d’octobre 2016 :  

  • " Je dégivre mon congélateur tous les trois mois "
  • " J’éteins la lumière quand je sors d’une pièce "
  • " J’aère les pièces de mon logement au moins 10 minutes par jour "
  • " J’installe des multiprises avec un bouton ON/OFF pour éteindre les appareils en veille "
  • " Je fais mes lessives à 30 degrés "
  • " Je mets un couvercle sur la casserole pour cuire plus vite mes aliments "
  • -…etc.  

Autant de petits gestes qui additionnés les aux autres contribuent sur le long terme à inscrire nos quotidiens dans une éthique de consommation plus saine et écoresponsable.

Devenir écocitoyen ça rend plus riche et plus heureux…

 

" Etre écocitoyen, nombre d’entre nous ne se rendent pas compte à quel point ça peut être vertueux ! Tous ces gestes, sont l’antithèse de la frustration, de la punition et de la culpabilisation. Au contraire, en agissant comme ça, on se responsabilise, on rentre dans l’âge adulte et on améliore considérablement son quotidien. On consomme des produits de meilleure qualité, qui tombent moins souvent en panne, qui durent plus longtemps, qui sont de meilleurs goûts – et dans l’assiette, ça compte – et surtout, on fait des économies d’argent ! Moi j’ai réussi, grâce à ces bonnes pratiques, à économiser 300 euros par mois ! " affirme Julien Vidal. Son témoignage interpelle et met en lumière la possibilité de réaliser de véritables économies grâce à la mise en place quotidienne d’actions écocitoyennes. Il ne s’agit donc pas d’une utopie qui serait uniquement l'apanage, dans la pratique, d'une classe de bobos qui en aurait les moyens financiers. C’est donc à un éveil des consciences qu’en appelle, à ce niveau, Julien Vidal. Consommer bien, c’est payer moins et avant tout, se sentir bien !

A titre d’information supplémentaire, Julien Vidal renvoie au groupe Facebook : " Gestion budgétaire, entre aide et minimalisme " sur lequel plus de 130 000 personnes échangent pour savoir comment parvenir à boucler les fins de mois tout en parvenant à vivre mieux, pour soi, mais aussi de façon plus respectueuse de l'environnement.

Sortir de son rôle de consommateur-spectateur, ça fait un bien fou. Si on me l’avait dit plutôt, je m’y serais mis déjà il y a 10 ans (…) En allant dans le sens d’une vie plus durable, on va aussi dans le sens de son portefeuille ".

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