Deux petits nouveaux pour piloter l'Europe

Charles Michel et Ursula von der Leyen
Charles Michel et Ursula von der Leyen - © FRANCOIS LENOIR - AFP

Cette semaine, deux nouveaux venus prennent leurs fonctions à la tête de l’Europe : Ursula von der Leyen s’est assise dans le fauteuil de Présidente de la Commission européenne ce mercredi et ce vendredi, c’est Charles Michel qui reçoit les clés du Conseil européen. Comme dans un avion, l’Europe se pilote en duo avec des responsabilités bien précises pour chacun d’entre eux.

Deux pilotes indépendants

Ursula von der Leyen se chargera des politiques de l’Union en rédigeant les propositions de loi d’application dans toute l’Europe. Charles Michel, quant à lui, préparera les Sommets européens en concertation avec les chefs d’État et de gouvernement. Il devra également faire émerger le consensus entre les 28, bientôt 27, dirigeants européens. Certains pourraient penser que pour notre ancien Premier ministre, l’enjeu est moindre : si un Sommet n'aboutit pas, si les chefs d’État et de gouvernement n'arrivent pas à s'entendre, ce sont eux qui en porteront la responsabilité, et non Charles Michel alors que l’Allemande aura de son côté l’occasion de mettre les mains dans la glaise, de façonner l’Europe de demain. En réalité, ce sont les États membres et les députés européens qui ont toujours le dernier mot et Ursula von der Leyen n’a qu’un pouvoir d’initiative. Finalement, il n’y en a pas un qui domine l’autre. Ce sont deux pilotes indépendants qui tiennent le manche ensemble.

Et le Parlement européen ?

Le Parlement européen vote les lois, mais les eurodéputés ont également le pouvoir d’adouber la Commission. C’est ce qu’ils ont fait cette semaine à une très large majorité. Cela ne veut cependant pas dire que les parlementaires sont tombés sous le charme d'Ursula von der Leyen. Les élections européennes ont rebattu les cartes et il est révolu le temps où le PPE et les sociaux-démocrates, les deux principales familles politiques de l’hémicycle, faisaient la pluie et le beau temps. Pour faire avancer ses propositions, von der Leyen doit maintenant contenter tout le monde, même si les intérêts des uns et des autres vont parfois dans des directions opposées.

L’art du compromis

Si Ursula von der Leyen a reçu l’investiture du Parlement, il sera plus compliqué de mettre tout le monde d’accord lorsque les sujets qui fâchent seront mis sur la table, comme le Green Deal, sa priorité politique. En effet, l’objectif annoncé qui est de réduire de plus de moitié les émissions de gaz à effet de serre dans les 10 prochaines années, est loin de faire l’unanimité des députés. La nouvelle Présidente de la Commission va devoir redoubler d’effort pour convaincre le Parlement. C’est le retour au principe de base de la politique européenne. Ursula von der Leyen vient de démontrer qu’elle avait un certain talent dans ce domaine et elle va devoir le confirmer. Charles Michel, comme tout Premier ministre belge, a aussi une expérience dans l’art du compromis, mais il doit encore vivre son baptême du feu à la tête d'une Europe où les dirigeants sont de plus en plus frileux à faire des concessions.

(Ré)écoutez les coulisses de l'Europe avec Olivier Hanrion dans Matin Première !

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