Dessins animés : étiez-vous plutôt Shōnen ou Shōjo?

Dessins animés : étiez-vous plutôt Shōnen ou Shōjo?
Dessins animés : étiez-vous plutôt Shōnen ou Shōjo? - © Editions Kana

Chaque génération est marquée par les dessins animés qu’elle a connu enfant et bien souvent n’accroche pas à ceux de la génération suivante. En 1988, avait lieu la première diffusion française (et belge) de Dragon Ball, dans le Club Dorothée, émission mythique de la télé française de 1987 à 1997. Y ont été diffusés des dessins animés japonais tirés de mangas, que tous les trentenaires et quadragénaires d’aujourd’hui connaissent, de 'Ken Le Survivant' à 'Sailor Moon', en passant par 'Princesse Sarah'.

Analyse avec Jérôme Alquié, dessinateur et coloriste français, auteur de 'Capitaine Albator – Mémoires de l’Arcadia' (Editions Kana) et Elsa Brants, scénariste, dessinatrice et coloriste française de bande dessinée auteur de 'Par le pouvoir des dessins animés' (Editions Kana).
 

Passion Shōnen…

Dans les années 80, Jérôme Alquié a passé beaucoup de temps devant les dessins animés à la télévision. Pour lui, on peut quasiment parler d’éducation parce qu’ils véhiculaient un nombre de belles valeurs, en particulier l’amitié et le courage. Il appréciait en particulier les shōnen, les mangas pour les garçons.

Ce sont ces dessins animés qui ont été ses véritables professeurs de dessin. Il essayait de refaire ce qu’il voyait à l’écran. Il y avait en effet une certaine frustration au fait que ces programmes ne passaient à la télé qu’une fois par semaine, le mercredi, et il faisait revivre les personnages tout au long de la semaine par le dessin. Il achetait aussi les petites bandes dessinées qui sortaient au début des années 80 sur ces séries.


… ou passion Shōjo

Elsa Brants était interdite de télévision par ses parents, mais elle enregistrait les dessins animés en douce et elle les regardait dès qu’ils avaient le dos tourné. C’est ainsi qu’elle a appris à aimer cette culture asiatique, qu’elle est tombée sous leur charme : Ken le survivant, Dragon Ball, Cobra, Candy, Olive et Tom, Lady Oscar… Après les avoir regardés, elle en voulait toujours plus, elle avait plein d’idées en tête et, dès 9 ans, s’est mise à dessiner pour reproduire ce qui lui manquait.

Les mangas pour filles, les shōjo, véhiculaient déjà tout un set de valeurs : des héroïnes très émancipées, aux superpouvoirs, indépendantes, mais qui se heurtaient quand même toujours au cadre imposé. Cela l’a poussée à développer des personnages féminins forts pour donner des exemples de modèles à suivre aux lectrices.

Elsa Brants est l’auteur de 'Par le pouvoir des dessins animés'C’est un manga, qui se lit donc de droite à gauche. Les cases sont éclatées, les dessins prennent parfois tout une page ou une double page. Ce découpage amène plus d’action, plus de dynamisme, et c’est l’ingrédient le plus important de la mise en page japonaise. L’oeil est mené dans l’action à un tel rythme qu’il en oublie le dessin pour se plonger dans l’histoire.
 

L’aventure du Capitaine Albator

Le personnage du Capitaine Albator a été créé en 1977 par le mangaka Leiji Matsumoto. Un autre Japonais a depuis repris le héros du maître, et c’est maintenant Jérôme Alquié qui reprend ce personnage mythique et très charismatique. Il a dû pour cela constituer un dossier prouvant qu’il était passionné et désireux de respecter l’oeuvre d’origine.

En France et en Belgique, on a connu le Capitaine Albator, non à travers le manga de Leiji Matsumoto, mais via le dessin animé en couleurs, qui est arrivé en même temps que Goldorak ou Candy. Le public a donc ce souvenir télévisuel haut en couleur. C’est pourquoi Jérôme Alquié a proposé dans son dossier, non pas de faire un manga en noir et blanc, le format propre aux Japonais, mais de lui donner les couleurs qu’il avait dans le passé à la télévision.

Aujourd’hui, les bandes dessinées franco-belges se sont réellement ouvertes aux cultures américaines et japonaises, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ou 30 ans. Son ouvrage 'Capitaine Albator – Mémoires de l’Arcadia' intéresse le public jeune d’aujourd’hui qui a envie de découvrir le personnage, mais il est aussi la madeleine de Proust d’un public qui a connu le dessin animé des années 80. Cela explique le format franco-belge de cette bande dessinée publiée chez Kana.

Il est important de retrouver, au travers de la mise en page des cases, le découpage propre aux bandes dessinées japonaises, avec cet ADN franco-belge de la couleur.

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