Des prostates d'éléphants pas faciles d'accès !

Des prostates d'éléphants pas faciles d'accès !
Des prostates d'éléphants pas faciles d'accès ! - © Tous droits réservés

Dans Week-end Première, Sophie Moens et Patrice Goldberg, présentateur de Matière Grise, ont parlé de science et de recherche. Les techniques permettant d’éviter l’extinction d’espèces animales étaient au centre de leur discussion. La science peut-elle aider ?

A travers l’Histoire, nous avons souvent assisté à l’extinction massive d’animaux. Avant les dinosaures, après également, ce n’est pas un phénomène propre à notre époque qui, en l’occurrence, traverse une période d’extinction massive d’espèces. Pas seulement animales, d’ailleurs. C’est le cas aussi pour les végétaux.

Mais pour ce qui est des animaux, que peut-on faire lorsqu’il ne reste plus que quelques représentants d’une espèce animale ? Il existe deux solutions. Une technologique et une naturelle.

La solution technologique est en fait biotechnologique. Il s’agit de clonage, une technique qui fonctionne, quoi que l’on en pense. Le premier être vivant cloné était une brebis, Dolly. C’était en 1996. Depuis, la technique a fait ses preuves. Certes, Dolly n’a pas survécu longtemps. Quelques années à peine, mais les clones de Dolly, eux, se portent encore bien après une dizaine d’années. Cela fonctionne, donc, mais c’est extrêmement coûteux. Il semble compliqué de voir ces techniques comme une solution durable pour les espèces en voie de disparition.

Et la solution naturelle ? Cela fonctionne sans problème pour des animaux de taille raisonnable, mais pour les éléphants, par exemple ? "Il existe cette histoire incroyable de deux éléphants issus d’une sous-espèce d’éléphants d’Asie", raconte Patrice Goldberg. Le mâle se trouve dans un zoo à Berlin. La femelle, elle, se trouve dans un zoo à Pittsburgh (USA). Il a donc fallu aller chercher la semence du mâle afin d’inséminer la femelle. Mais récolter la semence d’un éléphant n’est pas chose aisée. Il est impossible de le faire en touchant le sexe de l’animal, il faut en effet passer par le massage de la prostate. Mais sa prostate n’est pas très proche. "Et un doigt n’est pas suffisant pour l’atteindre, ni la main d’ailleurs. Il faut y aller avec le bras pour masser la prostate…" C’est ce qu’ont fait des vétérinaires allemands. Ils ont réussi à masser la prostate de l’éléphant, à recueillir la semence de l’éléphant puis à inséminer la femelle en Pennsylvanie. La manipulation a fonctionné.

S’il n’y a pas une solution meilleure qu’une autre, une seule piste semble à privilégier pour Patrice Goldberg : "Eviter que les espèces ne viennent à tomber en voie d’expiration. Pour ça, il faut arrêter ces déforestations massives, le braconnage, qui réduit l’environnement de ces animaux et on n’aura plus à pratiquer ce genre d’opérations".

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