Des pistes contre la pollution de l'air à Bruxelles

Le mouvement Bruxsel'air multiplie les actions pour alerter sur la pollution de l'air
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Le mouvement Bruxsel'air multiplie les actions pour alerter sur la pollution de l'air - © raf naczyk

Transversales s'intéresse à la pollution de l’air à Bruxelles à travers le projet ExpAIR lancé il y a déjà plusieurs années, et initié par Bruxelles Environnement.

Il s’agit d’équiper des citoyens avec un petit appareil portatif destiné à mesurer la qualité de l’air à différents moments. Cet outil va permettre de mesurer la concentration en particules fines (qu'on appelle aussi "les tueuses invisibles") et donc de déterminer quels sont les endroits les plus pollués à Bruxelles.

Ces particules fines, émises par le trafic routier, par l’industrie et l’agriculture, sont responsables de nombreux décès, principalement de type cardiovasculaire ou respiratoire. Les sources de particules fines sont par ordre d'importance le chauffage domestique, le trafic automobile (surtout diesel), l'industrie et l'agriculture, précise le toxicologue Alfred Bernard (UCL).

Baptiste Hupin s’est prêté à l'expérience du projet ExpAIR, il nous livre des constats parfois étonnants…

Des résultats étonnants

On constate que la voiture est le moyen de transport où la qualité de l'air est la moins bonne. Le système de la ventilation fait que les polluants émis par les véhicules qui précèdent entrent dans l'habitacle, explique Olivier Brasseur, l'un des responsables du projet Expert. 

Le fait de circuler à vélo ou à pied permet d'être un peu plus éloigné de ces émissions directes des pots d'échappement. Ce gain peut être atténué dans les "rues canyons", qui sont bordées de rangées de bâtiments, favorisant l'accumulation des polluants.

C'est le transport en commun qui serait le plus favorable, mais c'est variable suivant les situations.

A noter aussi qu'on respire plus profondément quand on est en vélo, l'exposition aux particules fines est donc plus forte. Le conseil est de choisir des trajets moins exposés que ceux qu'empruntent les automobilistes.

Des cartes seront prochainement établies en ce sens, sur base des mesures recueillies par le projet ExpAIR.

 

La qualité de l'air s'est-elle vraiment dégradée ?

La cellule Céline est la cellule interrégionale de l'environnement qui compile les données de qualité de l'air des 3 régions et s'occupe des épisodes de pollution (jadis alertes smog, actuellement seuils d'information). Thierry Devos explique : "La qualité de l'air s'améliore, que ce soit pour les particules fines, ou le dioxyde d'azote. Les nouveaux seuils sont situés plus bas que les anciens seuils d'alerte et donc les gens sont avertis plus rapidement, de plus en plus souvent, d'où cette impression que la situation va moins bien."

A l'Ecole de Santé publique de l'ULB, le professeur Catherine Bouland confirme : "Je ne pense pas que la qualité de l'air se soit dégradée. Si on remonte à 50 ans, la qualité de l'air en quantité de polluants s'est améliorée, on se retrouve avec un air beaucoup plus limpide. Par contre, la composition de l'air est devenue plus toxique, par rapport à des problèmes beaucoup plus subtils : cognitifs, nerveux, neuro-développementaux, et même en lien avec des perturbations du métabolisme, avec l'obésité, le diabète. (...) Je ne pense pas que ça devienne dangereux de respirer, ça l'a toujours été. L'être humain s'est certainement adapté à ce mauvais air que nous respirons depuis la nuit des temps, car on a toujours fait du feu."

Des initiatives citoyennes pour une ville plus respectueuse de l'environnement

BRAL est un mouvement urbain qui se bat pour un Bruxelles durable, financièrement accessible et solidaire. BRAL mène des actions, réalise un travail de pression, soutient les initiatives citoyennes et conseille les autorités. Ses priorités : une meilleure qualité de l'air, une économie à la fois verte et sociale et un développement urbain efficace et participatif. BRAL participe au projet ExpAIR depuis 2015

Bruxsel'air réclame un air moins pollué à Bruxelles, et cherche à rassembler autour de cette problématique, en mettant par exemple des masques sur des statues partout dans la ville.

Comment contrer cette pollution ? Répond-on aux normes en vigueur ?
Les mesures effectuées sont-elles optimales ?
Qu'en est-il par rapport aux normes européennes ?
Et comment trouver l’équilibre entre maintien d’une activité économique et protection de la santé, même si globalement, la qualité de l’air a tendance à s’améliorer avec le temps ?

Ecoutez ici le reportage intégral de Transversales 
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A lire aussi, cet article RTBF Info du 13/06/17 : 
Pollution: des taux "choquants" de dioxyde d'azote mesurés à Bruxelles

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