Des hommes sauvages et poilus... partout

Episode 9

Des hommes sauvages et poilus... partout

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Vous avez certainement déjà entendu parler du Yéti, l’abominable homme des neiges ou encore du Bigfoot son cousin américain. Mais savez-vous que dans le monde entier, on recense des centaines, des milliers de témoignages de rencontres avec des " hommes-singes " ou des " hommes sauvages ".

On signale par exemple le Yeren, dans certaines provinces chinoises, comme le Zhejiang, le Yunnan ou le Shanxi. En Malaisie, on parle beaucoup de l’Orang pendek à Borneo. En Australie, l’homme sauvage local répond au joli nom de Yowie. Et on trouve des récits d’explorateurs qui parlent de créatures anthropoïdes inconnues en Afrique ou en Amérique du Sud.

La liste est tellement longue qu’il est impossible de les passer tous en revue dans un seul article. Aussi, nous allons nous focaliser sur deux types d’hommes sauvages, d’hommes-singes, qui ont fait l’objet d’études sérieuses sur le terrain. Le premier s’appelle l’Almasty ou kaptar et on peut le trouver dans les régions montagneuses du Caucase. Le deuxième, c’est le Barmanou, les populations locales des régions reculées du Pakistan l’aperçoivent de temps à autres.

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Partout dans le monde on signale des hommes-singes, des hommes sauvages : le Yeren en Chine, l’Orang Pendek en Malaisie, le Yowie en Australie etc… © Getty
Une empreinte supposée de l’Orang Pendek Malaisien © Tous droits réservés

Deux espèces d’hommes sauvages survivraient donc encore de nos jours dans le Caucase et au Pakistan… Cette idée peut paraître de prime abord totalement absurde, mais sachez avant de commencer à sourire, que des scientifiques de renom pensent que la chose est envisageable (même si certains pensent qu’il s’agit plutôt d’un grand singe inconnu et pas d’un homme sauvage qui aurait survécu, caché de la civilisation jusqu’à l’époque actuelle).

Intéressons-nous dans un premier temps à l’Almasty. Pour en dresser le portrait-robot, voici la déposition de Ramazane Omarov, un habitant du Daghestan, la partie orientale du Caucase. Le 20 août 1959, vers 6 heures du soir, ce témoin rentrait chez lui après une journée de travail en empruntant un sentier qui descendait d’une montagne. Soudain, il se retrouve presque face-à-face avec un Almasty. Voici ce qu’il dit avoir observé :

 

" L’animal qui était d’abord assis, se leva et marcha, dressé sur ses deux jambes, dans ma direction. Il ressemblait à la fois à l’homme et au singe. Encore enfant, j’avais entendu raconter pas mal d’histoires sur les Almasty, les hommes sauvages, mais je n’y croyais pas. Et voilà maintenant que j’en avais un sous les yeux ! Il avait de longs poils, noirs comme ceux d’une chèvre. On avait l’impression qu’il n’avait pas de cou : sa tête paraissait directement soudée aux épaules. Il avait de longs cheveux qui pendaient… L’Almasty se rapprocha et passa à mes côtés, c’était un mâle. Il avait la tête allongée et pointue vers le haut. En marchant, il balançait ses très longs bras qui lui descendaient jusqu’aux genoux. S’éloignant de moi jusqu’à 200 mètres environ, l’étrange créature traversa le chantier et s’assis à nouveau. Elle resta accroupie deux ou trois minutes, ses mains touchant le sol. Après s’être redressé, l’Almasty se dirigea à vive allure vers les buissons, en faisant de si grandes enjambées qu’aucun homme ne serait capable d’en faire de pareilles, surtout en remontant une forte pente. Il se tenait droit, les épaules légèrement voûtées. "

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L’Alamsty est-il une sorte d’hominien rescapé, c’est-à-dire un de nos cousins éloignés qui auraient survécu jusqu’à aujourd’hui ? Ou s’agit-il plutôt d’un grand singe inconnu de type asiatique ? © Getty Images/Science Photo Libra
C’est dans les régions reculées du Caucase que vous risquez d’apercevoir un Almasty, appelé aussi kaptar, c’est l’homme sauvage du Caucase. © Getty

La scientifique qui a le plus étudié ce dossier de l’homme sauvage du Caucase s’appelle Marie-Jeanne Koffmann. Cette ancienne chirurgienne des hôpitaux de Moscou a traqué les traces de cette créature bipède pendant des dizaines d’années. Au cours de ses nombreuses expéditions, elle a pu recueillir des centaines témoignages le concernant. Voici ce qu’elle déclarait sur les plateaux de la RTBF dans les années 90 pour l’émission " Ecran témoin ".

 

" J’ai fait deux expéditions au Pamir avec des résultats intéressants. Au Caucase, j’ai recueilli 500 témoignages, donnés par des personnes issues de milieux culturels totalement différents et surtout, séparés par d’immenses territoires. Et pourtant, tous ces témoignages se recoupent. Hélas, nous n’avons pas de preuves directes de l’existence de l’Almasty, mais nous avons toutes sortes de preuves circonstancielles. Les témoins décrivent tous la même créature, j’en suis convaincue. Et tout ce qui fait l’intérêt de cette créature, c’est qu’elle est décrite morphologiquement presque comme un homme… Ça n’est plus un animal, mais ça n’est quand même pas un homme. "

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Lles théories qui associent les supposés hommes sauvages à des hommes de Néandertal ne sont pas défendables scientifiques. Les hommes de Néandertal possédaient une culture technologique très développée, alors que les hommes sauvages (si ils existent) so © Getty
Lles théories qui associent les supposés hommes sauvages à des hommes de Néandertal ne sont pas défendables scientifiques. Les hommes de Néandertal possédaient une culture technologique très développée, alors que les hommes sauvages (si ils existent) so © Getty

Il est vrai que certains témoignages " historiques " concernant l’Almasty semblent donner raison au docteur Koffmann. Lors de la deuxième guerre mondiale, en 1941, le lieutenant-colonel Vasguen Karapétyane, était un médecin neuro-pathologiste attaché à un bataillon de tirailleurs cantonné à cette époque dans un village daghestanais des hautes montagnes. Un jour, il est appelé par les villageois qui venaient de capturer une sorte d’homme-singe couvert de poils et incapable de parler : bref : un Almasty. Les souvenirs de Vasguen Karapétyane ont été consignés dans un procès-verbal :

 

" Cet homme ( ?) était de sexe masculin, nu de la tête aux pieds. Toutes ses formes étaient humaines, mais la peau de sa poitrine, de son dos et de ses épaules était couverte de poils broussailleux de couleur brun foncé. Les mains assez grossières étaient ornées de poils plus clairsemés, les paumes et la plante des pieds en étaient tout à fait dénuées. Sur la tête en revanche, les cheveux étaient très longs : ils descendaient sur les épaules et couvraient partiellement le front. Il n’avait ni barbe, ni moustache, tout le visage ne présentait qu’une pilosité très légère. L’homme se tenait debout, tel un hercule faisant saillir sa cage thoracique puissante et développée. Aux mains, on remarquait des doigts épais et très solides, d’une longueur insolite ; Le visage était d’une couleur extraordinairement foncée. Les sourcils étaient très épais, au-dessous d’eux, les yeux étaient profondément enfoncés. Mais le regard de ces yeux n’exprimait rien, il était purement bestial. L’être en question n’avait pas la moindre réaction humaine. Il n’émettait que des beuglements nasillards. "

 

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Différentes théories ont été avancées pour tenter d’expliquer l’existence de l’Almasty… Une des plus audieuces voudrait que l’Almasty soit un homme de Néandertal dont des populations entières auraient survécus jusqu’à nos jours… C’est difficilement défendable selon Benoit Grison, biologiste et sociologue des sciences.

 

"Le dossier de l’Almasty est très troublant. D’abord parce que les témoignages sont de grande qualité. Ensuite ce dossier est crédible écologiquement et biogéographiquement. Et ce qui est encore plus déroutant, c’est que contrairement au Yéti ou au Bigfoot, on ne vous décrit pas un grand singe, on vous décrit un être qui serait un hominien, c’est-à-dire un de nos cousins : un cousin de l’homo sapiens. Il est couvert de poils, parfaitement bipède et serait dépourvu de langage.

Evidemment, ce n’est pas très facile à admettre car cela voudrait dire qu’il y a survivance d’un de nos cousins proches… Mais gardons l’esprit ouvert et envisageons-le un instant sans tabou : il serait impensable que l’Almasty soit un homme de Néandertal comme cela a été dit. Aujourd’hui, on sait que l’homme de Néandertal avait une culture technique sophistiquée, une culture technologique très complexe, donc ça ne colle pas avec l’Almasty.

Alors ? est-ce qu’il s’agit d’un hominien plus archaïque ? Peut-être… Vous savez il y a seulement 14.000 ans en Chine, il y avait encore l’homme de Maludong, un hominien apparenté à l’homme et bien différent de l’homo sapiens.  On pourrait envisager qu’il y ait survivance de certaines populations hominiennes dans les montagnes du Caucase… On pourrait… Mais il y a une hypothèse alternative bien plus vraisemblable, c’est qu’il s’agit d’un grand singe inconnu de type asiatique et qui par convergence a une allure un peu hominienne. Ca me parait plus plausible… "

 

Les travaux de Marie-Jeanne Koffmann concernant l’Almasty, recoupent ceux que Jordi Magraner a consacrés au Barmanou du Pakistan. Magraner, un biologiste catalan, était convaincu que le Barmanou (un homme sauvage pakistanais, qui selon les témoignages ressemble énormément à l’Almasty) vivait dans les forêts montagneuses du Chitral. Jordi Magraner y a passé de longues années pour traquer cet être bipède, considéré également par certains chercheurs comme étant un hominien relique. Jordi Magraner avait également participé à l’émission " Ecran témoin " de la RTBF dans les années 90, voici ce qu’il racontait en revenant d’une de ses expéditions, pour tenter de prouver l’existence du Barmanou.

 

" J’ai essayé de faire une étude purement zoologique comme je l’aurais fait pour n’importe quelle espèce. Depuis 1987, j’ai réalisé deux missions sur place. Et par rapport à ce qu’a fait Marie-Jeanne Koffmann, ça se recoupe c’est vrai. Les similitudes sont nombreuses. J’ai dégrossi le terrain, il fallait connaître le milieu, la faune, la flore… recueillir des témoignages, localiser les zones intéressantes, essayer de concrétiser un contact. "

 

 

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Il est surprenant, que de tout temps et dans toutes les cultures, on a cru à l’existence de créature qui ne sont plus des animaux mais qui ne sont pas pour autant des hommes… © Tous droits réservés

Hélas, le contact ne se concrétisera jamais… Le 3 août 2002, Jordi Magraner est retrouvé assassiné dans sa maison chitrali de Krakal. On ne connait pas ses assassins ni leurs motivations. Avec sa mort, on peut dire que les recherches consacrées au Barmanou se sont arrêtée brutalement et ne reprendront pas de sitôt… Les hommes sauvages du Caucase et du Pakistan resteront sans doute longtemps une énigme zoologique passionnante.