Déconsommation - "Quand on n'a rien, on doit survivre et la joie vient dans le fait simplement d'être en vie"

De la déconsommation au minimalisme
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De la déconsommation au minimalisme - © Pixabay

Comment consommer moins, mieux et autrement ? A l'inverse de la surconsommation que peut engendrer le Black Friday, les adeptes de la déconsommation sont de plus en plus nombreux. Leurs motivations sont essentiellement économiques et environnementales. De la déconsommation au minimalisme...

Recyclage et réparation

Greenpeace invitait, en ce jour de Black Friday, à ne rien acheter et à privilégier le recyclage et la réparation.

Les repair cafés sont en pleine expansion, dans le grand mouvement de la transition écologique. Des bénévoles y partagent leurs talents, leurs envies et leurs compétences, que ce soit en couture, en électronique ou encore en informatique. Le principe du repair café est d'être le plus local possible, le plus proche possible des habitants, et de remettre du lien entre les gens, explique Christophe Godon. Sur le modèle du premier repair café, ouvert à Amsterdam en 2009, il a créé le repair café de Lille. Son leitmotiv : marre de jeter ; tout ou presque peut se réparer.

Comme les repair cafés, les ateliers pour apprendre à faire soi-même, le do-it-yourself, se multiplient aussi un peu partout en Belgique et en France.
 

Des motivations économiques...

Internet foisonne aussi d'idées pour nous apprendre comment moins consommer et comment moins dépenser.

Herveline Verbeken a coécrit le livre 'J'arrête de surconsommer' (Eyrolles) et a créé avec une amie un groupe Facebook bourré d'astuces pour déconsommer.

Le but du groupe Facebook était au départ d'aider les gens à s'en sortir mieux financièrement, mais avec des astuces écologiques et éthiques : réfléchir sur sa consommation, récupérer l'eau, éviter le gâchis, anticiper les dépenses de l'année...

"Au début, les gens arrivent par hasard, puis ils sont surpris et captés. La démarche leur apporte quelque chose, ils sont plus confiants d'un point de vue financier, ils dépendent moins de la société de consommation, et au final ils sont plus heureux dans leur vie."


... ou plus écologiques

Certains consomment moins, mieux et autrement, avec comme motivation première de protéger la planète. Beaucoup d'initiatives se mettent en place pour éviter les produits sur-emballés, privilégier l'achat en vrac, l'achat local, le zéro-déchet, éviter le gaspillage alimentaire en achetant uniquement la quantité dont on a besoin. On a tous à notre petite échelle quelque chose à changer.

"La prise de conscience touche aussi les grandes surfaces, pas par plaisir ou par philanthropie, mais surtout parce que certains consommateurs changent leur manière de consommer, constate Fabien. Les industriels seront petit à petit obligés aussi de changer leur manière de faire. Mais des choses pourraient être mises en place par nos gouvernants. Il ne devrait pas être bien compliqué de faire une loi pour interdire le sur-emballage par exemple."

 

Une nécessité ou une mode ?

Pour certains, la déconsommation est une nécessité, pour d'autres, une mode. Ce phénomène n'est pas évident à cerner ni à quantifier. Il est global et touche toutes les classes sociales, sans distinction d'âge.

En fonction de son positionnement dans la hiérarchie sociale, on ne va pas déconsommer de la même manière, nous explique Fanny Parise, anthropologue et spécialiste de la consommation.

  • Les classes modestes vont le faire pour des raisons économiques : comment faire pour vivre bien avec moins.
  • Dans les classes moyennes, on verra davantage des facteurs de distinction, de stratégie, de mode : consommer différemment, avec des services, des offres, et l'importance des réseaux sociaux qui relaient ce nouvel imaginaire de la consommation.
  • Les classes supérieures viseront plutôt à se distinguer, à être les précurseurs d'un nouveau mode de vie qui se veut plus vertueux pour soi et pour les autres.


Certains déconsomment pour se sentir mieux, c'est le cas des minimalistes

Pour les minimalistes, déconsommer devient un nouvel art de vivre, une façon de se sentir mieux.

"Quand on n'a rien, on doit survivre et la joie vient dans le fait simplement d'être en vie. Quand on a tout, on prend tout pour acquis et plus rien ne nous fait plaisir. Je me demandais comment je pouvais faire pour avoir envie de survivre et de retrouver cette envie. Je trouve que le minimalisme nous apporte ce rapport à la vie", raconte Delphine.

Delphine a commencé par désencombrer son dressing des vêtements superflus, puis la cuisine, les caves, les livres et les photos. 

Un des principes fondamentaux du minimalisme est de vivre le moment présent. On se rend compte que les objets qu'on accumule nous retiennent dans le passé, notamment les photos qui renvoient à des époques révolues. Les souvenirs, on les a en soi, pas besoin de les garder en photos. Idem pour les lettres. 

Delphine se sent maintenant totalement libérée.

Ecoutez le reportage de Lise Verbeke, à partir de 30'.

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