De plus en plus d'internautes sont prêts à payer pour s'informer.

De plus en plus d’internautes sont prêts à payer pour s’informer
De plus en plus d’internautes sont prêts à payer pour s’informer - © Tous droits réservés

Chronique mediaTIC du jeudi 20.06.2013

C’est peut-être le renversement de tendance attendu par les médias: de plus en plus de gens sont prêts à payer pour avoir accès à de l’information en ligne et on va le redire pour les patrons de presse qui ont peur d’avoir mal compris : de plus en plus d’internautes sont prêts à payer pour s’informer.

C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle de l’institut Reuters pour l’étude du journalisme de l’Université d’Oxford. Elle est relayée par la BBC et le Financial Times. Plus de 10.000 internautes ont été interrogés dans 9 pays.

Dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, 11% des répondants déclarent avoir payé pour de l’info en ligne au cours des 10 derniers mois. Cela englobe toutes les formules : de l’abonnement annuel jusqu’à la contribution pour la consultation d’un article.

En moyenne, c’est un tiers de plus que l’année précédente. La France connait une forte progression : on est passé de 8 à 13% de lecteurs qui ont effectué au moins une fois un paiement. Au Royaume-Uni : c’est encore plus marqué : de 4 à 9% pour cent. Une augmentation qui s’explique par le fait que des journaux de référence comme le Times ont introduit un paywall, un mur payant sur leurs sites et leurs applications. Ça signifie que pour y accéder, il faut payer et les tabloïds suivent le mouvement. À partir du moins d’août , le site du Sun, le titre emblématique de la presse populaire, ne sera plus accessible que contre un paiement de 2£ par semaine, environ 2 euros 30.

Cela dit, il faut rester réaliste. Les internautes ne sont prêts à payer que quand ils n’ont pas le choix. Le groupe qui est le plus disposé à sortir sa carte de crédit, ce sont les 23-34 ans technophiles, avec un niveau élevé de formation et de revenus.  Ce n’est pas la majorité de la population.

L’enquête porte aussi sur les supports les plus consultés. Elle confirme la montée en puissance d’internet face à la télévision. Voire sa suprématie. C’est le cas en Italie, en Espagne au Japon et dans le Brésil urbain. La France est le seul pays où la télé reste le média le plus utilisé pour s’informer chez les moins de 35 ans. Partout ailleurs, c’est le net. La télé garde la faveur des 45+ dans tous les pays.

Autre fait marquant : les internautes font confiance aux sites des marques reconnues. Au Royaume-Uni : la BBC ou Sky News. Aux États-Unis, Yahoo. Mais partout, une proportion importante, parfois 30 ou 40%, dit ne pas faire attention au titre du site qu’ils consultent. Surtout ceux qui s’informent le plus par le net. C’est un nouveau défi pour les médias : comment maintenir la reconnaissance de leur marque dans le flot d’informations disponibles sur le web. 

Cliquez ici pour lire le rapport complet.

 

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