Dans quel état Donald Trump reçoit-il l'économie américaine et que va-t-il en faire ?

Dans quel état Donald Trump reçoit-il l'économie américaine et que va-t-il en faire ?
Dans quel état Donald Trump reçoit-il l'économie américaine et que va-t-il en faire ? - © DON EMMERT - AFP

Pour sa première conférence de presse depuis l'élection, Donald Trump n'a pas apporté d’éléments neufs sur le plan économique. Il a surtout répété qu'il serait le plus grand créateur de jobs de l'histoire. Une première question: quel est aujourd'hui l'état de l'économie américaine?

Même si l'on sait que l'impact du président sur l'économie est limitée, on peut affirmer que le bilan des années Obama est plutôt bon.

Voilà comment le résume le responsable de la stratégie de la banque privée Puilaetco Dewaay : Frank Vranken. "L'état de l'économie américaine est plutôt satisfaisante dans le sens où il y a une accélération de la croissance. On a un marché de l'emploi renforcé et le taux de chômage est tombé à 4,7%. La vaste majorité des économistes sont en train de remonté leurs prévisions de croissance du premier au deuxième trimestre. On a clairement une accélération mais en même temps, une banque centrale qui est en train de remonter les taux."

 

Remonter les taux cela pourrait en principe peser sur la croissance

Sauf qu'il faut tenir compte désormais de l'arrivée de Donald Trump et de son programme économique choc. Un programme qui pour la partie investissement et impôt pourrait en effet booster la croissance. Les pronostics varient suivant les experts, les "Trumponomics" pourrait rapporter un demi pour cent de croissance, voire un peu plus. Le conditionnel est de mise avec la perspective d'une guerre commerciale que souligne Frank Vranken : "le protectionnisme fait du mal à tout le monde. Si on instaure des tarifs nettement supérieur pour les importations en provenance de Chine, les chinois ont déjà dit qu'ils rendraient la pareille. Le protectionnisme met un frein à la croissance et on accroît l'inflation puisque les tarifs rendent les produits et services plus chers."

Cela dit en forçant les entreprises à rapatrier leurs production, Donald Trump devrait quand même doper l'emploi. C'est logique mais il y a un non sens dans cette stratégie. A environ 5 %, le taux de chromage est très bas et il y a peu de réserve de main d’œuvre.
Or Trump veut fermer les frontières à l'immigration. Ce dont les États-Unis ont besoin, ce n'est pas de plus d'emplois, mais des emplois mieux payés. Le vrai problème c'est le niveau de vie.

 

Depuis l'élection, Wall Street est quasiment au sommet

Frank Vranken a des doutes : "la valorisation de la bourse américaine est fort élevée. Il faut donc avoir confiance dans la croissance des bénéfices futurs. Si on fait l'exercice avec les mesures annoncées par Trump, on peut, peut-être, espérer une croissance de 10%. Mais, quid de ces bénéfices qui retomberont auprès des sociétés américaines. Elles vont plutôt l'utiliser pour réduire leur taux d'endettement au lieu d'aller l'investir. Nous nous trouvons plutôt en fin de cycle de croissance avec la banque centrale qui monte ses taux."

Et si on retenait ce mot: la méfiance ? C'est peut-être ce qui caractérise le mieux l'attitude des économistes avec l'arrivée de ce président hors normes à la Maison blanche.

Michel Visart

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