Coup d'œil dans l'assiette de l'homme de Spy

Au menu, il y avait le rhinocéros laineux avec une poêlé de champignons. Les habitudes alimentaires de ce néandertalien, qui vécut il y a 40.000 ans à Spy en province de Namur, ont fait l’objet de nombreuses études de la part des paléoanthropologues.

 

Ainsi, une dernière équipe publie donc les résultats de sa recherche, les scientifiques affirment que l’homme de Spy mangeait de la viande, du rhinocéros laineux et des champignons. Comment sont-ils arrivés à cette conclusion ? En analysant le tartre sur les dents des fossiles, celui que vous enlevez chez le dentiste, c’est un dépôt brunâtre qui agit comme un coffre-fort.

 

Il y a 5 ans, une première analyse avait pu affirmer que l’homme de Spy se nourrissait de végétaux et de nénuphars mais dans cette nouvelle étude, les chercheurs sont allés un pas plus loin, ils ont pratiqué des analyses ADN et génétiques.

 

L’homme de Spy était donc carnivore par contre ceux qui vivaient plus au sud étaient végétariens. C’est aussi l’un des enseignements de cette publication. En fait, 4 spécimens ont été analysés. Deux du nord, ceux de Spy et deux du sud, du site d’El Sidrón dans le nord de l’Espagne et pour eux, les chercheurs ont trouvé toujours dans leur tartre de l’ADN de pignon de pin et de mousse d’écorce d’arbres

 

On avait donc 2 régimes alimentaire différents. Celui des Néandertaliens de Spy correspond plutôt à celui des premiers chasseurs-cueilleurs. Celui des spécimens espagnols sont plus comparables à ceux des chimpanzés. Mais plus surprenant, l’étude révèle qu’un Néandertalien d’El Sidrón souffrait d’un abcès dentaire mais qui se soignait.

 

Si des recherches ultérieures confirment l’utilisation de cet antibiotique naturel, cela ramènerait la découverte de la pénicilline 40.000 ans plus tôt. Avec un peu d'ADN, peut-on aller si loin ? Oui car quelques molécules suffisent pour obtenir ces résultats. Le tartre prélevé fait la taille d'une épingle, alors, ça reste une analyse destructive mais elle donne tellement d'informations qu'elle en faut la chandelle. Il y a encore quelques années, les scientifiques n'auraient pas pu imaginer de faire un test aussi précis. 130 ans après leur découverte, ces fossiles de Néandertaliens, nos plus proches parents disparus livrent encore des informations

 

Sophie Brems avec Françoise Baré

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