Coup d'éclat avec "Blitz", le nouvel album d'Étienne Daho

Étienne Daho sort un nouvel album intitulé "Blitz"
4 images
Étienne Daho sort un nouvel album intitulé "Blitz" - © Tous droits réservés

Souvent considéré comme le parrain de la french pop, Étienne Daho signe son retour sur les devants de la scène. À 61 ans, l’artiste sort un nouvel album intitulé "Blitz" . Entre mélodies planantes et ballades aériennes, cet album teinté d’érotisme fait ressortir la voix chaude et suave du chanteur au style pop inimitable et pourtant si souvent imité. Étienne Daho était l’invité d’Entrez sans frapper pour évoquer la sortie de son album.

Une poésie un peu foutraque

"Blitz", c’est un mélange d’atmosphères psychédéliques et de fresques sombres et brûlantes. Cet album iconoclaste, fidèle à son passé mais empreint d’une envie de renouvellement, amène Étienne Daho à "voyager léger face au danger". Quatre ans après "Les Chansons de l’innocence retrouvée", là où le Dandy Pop impressionne, c’est dans sa faculté à tout remettre en jeu et à tout recommencer à zéro. Á l'inverse de Pablo Picasso, qui disait "en peinture on peut tout essayer. On a le droit, même. À condition de ne jamais recommencer", Étienne Daho a besoin de faire abstraction de son travail passé pour avancer plus sereinement. "D’une certaine manière, cela me rassure. Construire un album, cela peut être écrasant. Forcément, il y a des choses que j’ai faites dans le passé et que j’aime toujours mais je me sens parfois en compétition avec des choses que j’ai réussies. La base est la même, donc être en compétition avec soi-même, c’est un peu compliqué. Et finalement se dire, rien à foutre, on recommence, on rebattit tout, ça m’aide à continuer" glisse Étienne Daho.

Une envie d’absorber le monde et d'être sensible à ce qui l’entoure

Au moment de nommer son album, Étienne Daho démontre toute sa clairvoyance. Si la musique est censée faire office de porte-parole du monde dans lequel on vit, le titre d’album n’a pas été choisi par hasard. "Blitz", apocope de blitzkrieg, qui signifie "guerre éclair", fait référence aux bombardements qui ont touché Londres le 7 septembre 1940. Cet album devait initialement s’appeler "Canyon", mais dans l’ambiance du Brexit et des attentats, le mot "blitz" est revenu hanter les Anglais: "J’ai choisi de nommer mon album "Blitz" pour le climat global actuel, les attentats... Je vis à Londres et je me rends compte qu’ils sont encore hantés par ce trauma et donc forcément ce mot est revenu dans le langage. J’aime la sonorité, une syllabe pleine d’énergie. Le mot a imposé le sens finalement."

"Le génie d’Étienne Daho, c’est de fonctionner par pointillés" s’exclamait Sébastien Ministru. Cette faculté de raconter des histoires à travers un niveau d’écriture de plus en plus sophistiqué montre bien qu’il trouve l’inspiration dans ce qu’il traverse ou dans ce qu’il a traversé. L’utilisation répétée de formules oxymoriques, comme avec le titre anachronique "Les Flocons de l’été" contribue à sa permanente modernité. "Les Flocons de l’été a été imaginé spontanément" explique Étienne Daho avant de poursuivre "La mélodie m’est venue comme ça, je voulais créer un climat cotonneux, extrêmement flottant mais dans lequel il y aurait une certaine anxiété. Après, je me suis inspiré de musiques que j’apprécie comme Sunday Morning des Velvet Underground. On a mis tout ça dans un shaker et puis avec notre style, notre sensibilité, ça a donné ce morceau."

Un esthétisme rempli de références

Si la violence fait partie intégrante de cet album, l’érotisme y occupe une place tout aussi importante. Impossible d’évoquer cet album sans parler de l’accent mis sur la touche esthétique apportée à la pochette. Cette pochette exprime l’envie pour Étienne Daho de jouer avec les images. Une finesse esthétique pleine de références, sorte de condensé de ses fantasmes musicaux censé représenter un modèle d’érotisme qu’il espère incarner. Alors quand Jérôme Colin évoque la représentation d’Étienne Daho "en clair-obscur en train de fumer une clope, casquette en cuir vissée sur la tête à la Marlon Brando dans l’Équipée sauvage", on comprend que c’est ce mélange parfait de l’art et de la pop qui donne à ces chansons cet aspect quasi inoxydable. "On essaye de fabriquer quelque chose de beau. Quelque chose qui, même s’il n’a pas de sens, sera esthétiquement très fort. J’ai besoin que les choses aient du sens pour moi, mais je n’ai pas forcément besoin de communiquer ce sens aux autres". Cette force iconique mêlée à la séduction a été présente tout au long de sa carrière non sans rappeler l’une de ses idoles, David Bowie.

De la musique à la photo, un artiste éclectique

Daho est un touche à tout. Comme si la musique ne lui suffisait pas, la Cité de la musique - Philharmonie de Paris lui propose d’être le point central de l’exposition "Daho l’aime pop". Une réunion de 200 photos signées ou choisies par Étienne Daho autour du monde de la musique pop française. "Ça devait être des photos que j’ai prises de la nouvelle French pop, mais exposer 30 photos, c’était un peu mince. Donc le Philharmonie m’a proposé de raconter mon histoire, ma relation avec les acteurs de la pop française." Qui comme meilleur guide qu'Étienne Daho pour raconter l’histoire de la pop française des années 50 jusqu’à aujourd’hui? À découvrir du 5 décembre 2017 au 29 avril 2018.

Le Blitz tour débutera en juin prochain. Étienne Daho sera en concert en Belgique le 20 novembre 2018 au Forum à Liège et le 21 novembre à l’Ancienne Belgique à Bruxelles.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK
Matin Première
en direct

La Première Bxl

Matin Première