Coronavirus : rester chez soi, une vie à redécouvrir

Le coronavirus circule, se donne de main en main, voyage de salive en salive, de souffle en souffle, les mesures de confinement sont annoncées, il va falloir vivre chez soi pour préserver les autres, et pourquoi pas ce matin faire l’éloge du rester chez soi ?

 

Comment tenter ce matin de faire l’éloge de l’enfermement nécessaire et sanitaire ? Rien n’est plus terrible que ces mesures.

Essayons de changer de lunettes. Ce matin, vous étiez sans doute face à votre miroir à la salle de bains. Vous vous demandez peut-être comment va être cette vie de confinement ou comment il va être possible de rester chez soi, coupés des trépidations de la vie extérieure ?

Ecoutez ce que le miroir vous souffle : le calme sera la grande vertu de ces trois semaines à venir, et l’ennui un remède bienfaisant et foisonnant d’idées.

Pour les enfants c’est l’école buissonnière dans le jardin. C’est regarder le printemps qui arrive, se pencher sur l’herbe rase, goûter l’air frais qui caresse la joue, s’émerveiller d’un chant d’oiseau, tenter de le reconnaître, vous dites évasivement bonjour à votre voisin le matin, c’est l’habitude d’une vie à grande vitesse. On ne demande même plus vraiment comment l’on va, toujours à courir dans une journée de folie entre enfants et travail. Ce sera peut-être l’occasion d’une conversation par-dessus la clôture, d’échanges distants mais en prenant le temps, ce sera l’occasion de solidarités inédites.

Au fond, face au miroir, on peut se dire que l’on va retrouver les puissances de l’esprit, s’abstraire du tohu-bohu… Fureter dans la bibliothèque, lire enfin l’ouvrage que tonton Jean vous a offert à Noël, retrouver de longues conversations au téléphone, repuiser dans un univers oublié, se retrouver autour de la table pour un jeu de société redescendu du grenier, faire enfin ses albums photos, se souvenir, retrouver du calme, mais aussi ses parents et ses enfants.

Les petites choses de la vie, le simple bonheur d’une gorgée de café face à la fenêtre avec le regard qui se perd dans le paysage… L’éloge de la lenteur, de l’arrêt. Evidemment que ce sont bien peu de chose face à la sidération de ces mesures demandées… Vous me direz quelle naïveté celle-là, quel manque d’empathie pour tous ceux qui souffrent de cette pandémie. Certes c’est l’occasion d’interroger notre orgueil technologique, l’hubris des Grecs, de vivre un peu au ralenti. De toute façon, on n’a pas le choix…

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