#Connexions - Mariages des prêtres, ordination des femmes, homosexualité, avortement, divorce : l'Eglise peut-elle se moderniser ?

Quelles réformes vous paraissent être nécessaires ? Certaines sont-elles inenvisageables, impossibles d’un point de vue théologique ? Le Pape François sera-t-il celui qui apportera les changements ou est-il surtout un as de la communication ? Sur des questions comme celles du célibat des prêtres, l’Eglise catholique n’a-t-elle finalement pas d’autres choix que de se moderniser ?

 

Les prêtres catholiques pourront-ils un jour se marier, comme leurs collègues protestants, anglicans ou orthodoxes ? Le Pape François ne l’exclut pas. " Il y a des solutions. Mais cela prendra du temps ", a-t-il dit dans une entretien publié ce dimanche par La Repubblica. Quel sens a (encore) ce célibat ? Le Pape a rappelé qu’il n’avait été institué que 900 ans après la mort de Jésus-Christ.

 

En Belgique, un sondage avait récemment montré que 73% des catholiques étaient favorables au mariage des prêtres. L’idée semble avoir progressé dans la société avec la multiplication des révélations sur les abus sexuels commis par des religieux. Le Pape François a fait de la lutte contre ces violences sexuelles une priorité. Elles concerneraient 2% du clergé, a-t-il dit dans cet entretien publié par La Repubblica. Lever l’obligation du célibat changera-t-elle quelque chose ? Beaucoup d’observateurs pensent que cela ne sera pas suffisant mais la chasteté des prêtres est désormais clairement remise en question.


Autre débat d’actualité : la possibilité pour les femmes de devenir prêtres. La pression est de plus en plus grande, en particulier aux Etats-Unis. Cela fait 20 ans que l’Eglise Anglicane a ouvert la porte à l’ordination des femmes et désormais les anglicans envisagent de permettre aux femmes de devenir évêques. Certains voit dans l’ordination des femmes une réponse nécessaire face à crise des vocations et à la pénurie de prêtre. Le débat n’est pour l’instant par à l’agenda de l’Eglise catholique.

Le pape François a convoqué l'automne une assemblée d'Evêques. Ce "synode" doit notamment traiter de ces questions relatives à la famille et notamment celle du remariage des divorcés. On dit qu’en raison de l’explosion des divorces, l’Eglise pourrait assouplir les règles. En revanche, on attend aucune évolution sur l'avortement ou l'euthanasie.

Dans les premiers mois de son pontificat, le Pape François avait suscité l’enthousiasme des catholiques progressistes, donnant le sentiment d’une rupture avec ses prédécesseurs. En réalité, le Pape semble rester un défenseur de la doctrine. La seule nouveauté est qu’il appelle à éviter la condamnation morale des divorcés ou des homosexuels, par exemple. "Si quelqu'un est gay et cherche le Seigneur avec sincérité, qui suis-je pour le juger?", avait-il déclaré.

 

Comment l'Eglise catholique doit-elle (ou non) évoluer sur les grandes questions morale et de société ? Faites-nous part de vos réflexions sur la page Facebook de l'émission et sur Twitter avec le mot-clé Connexions. Vos avis et questions également par téléphone au 02 737 33 33.

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