#Connexions - Faut-il sanctionner les grèves sauvages ?

Ce sont uniquement les grèves déclenchées sans préavis qui sont visées. Pour les promoteurs de la loi, il ne s’agirait donc pas d’une remise en cause du "droit de grève". Le MR, qui réclame de longue date un "service minimum" dans les transports en commun (à l’instar de ce qui existe en France) veut garantir la continuité des services publics. Pour décourager les arrêts de travail imprévisibles, des sanctions financières sont prévues. Les voyageurs pourraient même être dédommagés si une grève sauvage éclatait tout de même.

Du côté des syndicats, on juge ces mesures "contre-productives". Il vaut mieux miser sur la prévention des conflits sociaux et le dialogue entre les travailleurs et les directions, disent-ils. Le ministre socialiste des entreprises publiques rappelle que l’an dernier, syndicats et patrons du rail avaient signé un protocole d’accord prévoyant que les représentants des travailleurs tirent la sonnette d’alarme en cas de désaccord avant de passer à des actions. Depuis sa signature, l’accord a été respecté dit Jean-Pascal Labille.

Mais à droite, on envisage donc d’aller plus loin : conditionner les investissements du gouvernement fédéral dans les chemin de fer au respect de ce protocole. En cas de violation, en cas de grève lancée sans aucun avertissement, certains investissements pourraient être suspendus. L’idée fait bondir la gauche : "au final, ce sont les voyageurs qui risquent d'en pâtir".

La proposition du libéral François Bellot a été approuvée par les élus MR, Open-VLD, CD&V et NV-A. Restera à voir si elle passera le cap de la séance plénière. A gauche, on dénonce un vote "électoraliste", à quelques semaines du 25 mai. Mais la proposition existe depuis 2007, fait-on remarquer au MR, et a été plusieurs fois modifiée pour tenir compte des accords signés entre syndicats et direction de la SNCB.

Alors est-ce une bonne idée ? Faut-il étendre l’idée de sanctionner les grèves sauvages à d’autres services publics, voire aux entreprises privées ? Ou est-ce une atteinte aux droits des travailleurs ? La question est sensible. On attend vos avis, vos commentaires et vos questions, sur la page Facebook de l’émission, sur Twitter avec le mot-clé #Connexions et, dès maintenant, au 02 737 33 33.

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