Comment vivait-on à Paris pendant la Première Guerre Mondiale ?

Comment vivait-on à Paris pendant la Première Guerre Mondiale ?
Comment vivait-on à Paris pendant la Première Guerre Mondiale ? - © BelgaImage

" Paris sera la première ville du monde à subir un bombardement aérien, confie Philippe Mellot, spécialiste de l’histoire de la ville Lumière.

Le 28 juin 1914, l'héritier du trône austro-hongrois, François-Ferdinand, et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un Bosniaque. Le 23 juillet, l'Autriche pose un ultimatum à la Serbie. Cinq jours plus tard, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, entraînant avec elle le jeu des alliances.

La déclaration de guerre surprendra les Français qui ne pensaient alors qu’à une chose, leurs vacances. Ils n'imaginaient pas que les événements pouvaient s'enchaîner aussi rapidement.

Après le départ de la majorité des hommes pour le Front et la réquisition des voitures et des chevaux, les femmes, enfants et les quelques hommes qui restent à Paris s’organisent. Les commerces ambulants qui semblaient avoir disparu un peu avant 1914 reviennent envahir les rues de Paris. Tout ce qui est possible pour aider les familles dont les pères et maris sont sur le front va se développer. Infirmières, marraines, petits métiers nés de la guerre, crieurs de journaux, Paris semble retrouver son visage de la Belle Epoque.

Une organisation improvisée permet à Paris, pendant une bonne année, de ne pas vivre cette difficulté de ville assiégée : du bétail est par exemple amené au Bois de Boulogne et sur les places et marchés.

La guerre s'éternisant, les Français commencent à douter que la victoire promise puisse survenir rapidement... 

Bombardés, rationnés, pris en tenaille entre les "optimistes" et les "pessimistes", désabusés par le défilé des cortèges de blessés que le front déverse quotidiennement dans les nouveaux hôpitaux privés et publics, les Parisiens vont malgré tout réussir à traverser la tempête, souvent avec un moral, un humour et un courage inépuisables.

Entrés dans la guerre, tels des "somnambules", ils se réveilleront un 11 novembre groggy mais fiers de leur victoire chèrement acquise, et surtout bien décidés, coûte que coûte, à faire payer la note aux Allemands.

Une interview inédite de Philippe Mellot, l’auteur du livre La Vie quotidienne à Paris durant la Grande Guerre.

Avec des témoins de l’époque : Jean Wéber, Marie Dormoy et Raoul Guédan (Archives INA).

Une réalisation de Cécile Poss, à écouter ici !

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