Comment se passer de frigo ? Les trucs et astuces de Marie Cochard

Marie Cochard raconte sa vie sans frigo
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Marie Cochard raconte sa vie sans frigo - © Olivier Cochard

Vous passeriez-vous de votre frigo ? Micro-ondes ou chauffe-biberon, passe encore, allons jusqu'à la télé voire la poubelle. Mais le frigo !

Nous sommes 99,6 % à posséder cette armoire à glace. Autant dire qu'il règne en maître dans nos cuisines... Pourtant, ce roi du stockage n'est pas indétrônable, d'autant qu'une révolution alimentaire est en marche !

Marie Cochard a passé 1 an sans frigo.

Dans Notre aventure sans frigo ou presque... (Ed. Eyrolles), elle nous conte cette aventure inédite et elle nous livre 1000 trucs pour éviter d'utiliser le réfrigérateur et pour conserver dans les meilleures conditions tous les produits frais.

Des astuces qui aideront à consommer local, sain et sans pertes !

Le gaspillage alimentaire est né avec l'apparition du réfrigérateur. Aujourd'hui, on jette un tiers des produits qu'on achète! 

Marie Cochard ne fait pas l'apologie du "sans frigo", mais son idée est d'éviter de gaspiller, de trouver des alternatives de conservation et surtout d'acheter moins. Elle a redécouvert ainsi de nombreuses pratiques ancestrales.

Quelques trucs et astuces:

  • Réduire la quantité de viande, de poisson, éviter le lait d'origine animale qui se conserve mal et choisir plutôt des laits végétaux.
  • La plupart des produits bruts n'ont pas besoin d'être conservés dans le froid. C'est le cas pour les fruits et légumes, pour les œufs. Les fromages se bonifient avec le temps hors réfrigérateur, qui casse leur goût.
  • Plus un frigo est rempli, moins il consomme. Réduire la taille du frigo permet donc de réaliser des économies. D'autant plus qu'on a tendance à acheter beaucoup trop, par peur de manquer et on déverse tout ça dans son réfrigérateur sans penser que certains produits vont y perdre en goût (tomates, bananes,...), ou qu'on va oublier de les consommer et donc devoir jeter. Le frigo n'est pas un placard! 
  • Faire des choix pertinents au moment de l'achat : les carottes, les choux... se conservent mieux entiers que râpés par exemple.
  • Privilégier des méthodes de conservation naturelles, venant des anciens qui n'avaient pas les moyens de gaspiller. 
  • Installer un petit bac à sable dans la cuisine pour les carottes et les légumes racines qui se conservent mieux dans le matériau qui les voit pousser.
  • Des petits bacs à eau sur le bord de l'évier permettent de faire tremper la base des poireaux, de la salade... pour les conserver frais plus longtemps. Ne pas nettoyer, effeuiller et essorer la salade, mais la mettre les racines dans l'eau et commencer par en consommer le pourtour. La salade reste ainsi vivante, croquante et riche en nutriments, même trois jours après.
  • Éviter tout ce qui a beaucoup voyagé et a été réfrigéré, car il perd automatiquement en fraîcheur et en qualités nutritives.
  • Installer des claies en bois pour stocker les aliments. Le fait que ce soit ajouré permettra aux fruits et légumes de ne pas s'abîmer, car c'est le contact avec le support qui gâte les aliments. Marie a choisi un garde-manger à l'ancienne pour remplacer le frigo.
  • Prévoir sur ces claies un rangement par ordre de priorité : en haut, les aliments plus fragiles, à consommer plus rapidement. En bas, ceux qui bonifient avec le temps: les pommes, les courges qu'on peut garder pratiquement une année.
  • Faire confiance à ses sens. Marie achète en vrac et n'a donc pas de date limite de consommation. Elle a appris à se reconnecter aux aliments par l'odorat, la vue, le toucher... Le fait d'avoir tout à vue, contrairement à un frigo clos, l'aide à gérer au mieux ses stocks.
  • Revoir les portions: on a tendance dans nos pays à cuisiner une grande quantité du même plat. Marie s'est inspirée de l'Asie où on cuisine plusieurs petites choses, évitant ainsi qu'on se lasse du plat et qu'il y ait des restes. C'est juste une question d'organisation.
  • Réinjecter du plaisir dans le fait de faire ses courses. Car un autre cheval de bataille de Marie, c'est la défense des petits producteurs, la consommation locale. Elle va faire de la cueillette en été, elle recherche des petits magasins de producteurs, des coopératives de paysans, où elle paie ses aliments beaucoup moins cher car il n'y a pas d'intermédiaire. Et elle mange local, biologique. Elle conseille aussi les fins de marché qui permettent de manger très frais et à moindre coût.

Ode à la frugalité

Cette expérience a vraiment contenté cette famille de 4 personnes qui mange désormais plus de légumineuses, d'oléagineux, de fruits et légumes, bourrés de nutriments. Ils privilégient la proximité et la qualité. Ils cuisinent davantage de produits frais, de saison et mangent donc plus sainement. La préparation du repas est devenu un moment de pleine conscience, de reconnexion.

Marie a retrouvé une certaine frugalité et constate que moins on a, plus on fait attention à ce qu'on a, plus on le respecte, plus on le savoure et plus on l'utilise dans son intégralité. La contrainte pousse aussi à la créativité: "Moins j'ai, plus je suis créative".

"Notre génération a besoin de vivre de temps en temps cette frugalité, cette sobriété, pour redonner de la valeur à ce qu'on a, pour ré-apprécier les choses. Car on est dans le trop plein, dans la surconsommation. On nous pousse en permanence à consommer alors qu'on sait que les richesses ne sont pas infinies."

 

Découvrez dans Notre aventure sans frigo ou presque... (Ed. Eyrolles)
des dizaines d'autres conseils, astuces et de recettes
tirées de traditions oubliées ou d'autres cultures,
pour cesser de vous servir du frigo comme d'un placard !

 

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