Comment redonner vie aux bâtiments inoccupés ?

Comment redonner vie aux bâtiments inoccupés ?
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Comment redonner vie aux bâtiments inoccupés ? - © Tous droits réservés

Pour pallier les conséquences négatives de la vacance immobilière, l'asbl Communa réhabilite les espaces inutilisés en les mettant temporairement à disposition de projets citoyens qui y font fleurir des laboratoires de pratiques urbaines. Ces lieux hybrides partagés entremêlent culture et création, activités économiques innovantes, vie associative et habitat groupé.

On est en pleine crise de logement, les loyers explosent. Or, 15 à 30 000 logements sont vides à Bruxelles, parmi lesquels 5000 appartements au-dessus de commerces. 10% du parc de logements sociaux sont vides, faute de rénovation.

L'asbl Communa a donc créé une logique de réemploi transitoire de ces bâtiments, en négociant avec les propriétaires : pendant l'inoccupation des lieux, l'association prend en charge la gestion, l'assurance, l'aménagement,... au profit de citoyens qui cherchent un logement, d'artistes qui cherchent un atelier, d'associations...

L'idée est d'agir comme intermédiaire entre les citoyens en recherche et les propriétaires en demande. On ne se rend effectivement pas compte que la vacance immobilière a un coût, en termes d'assurance, de taxes, d'entretien, de rénovation... Elle endommage également le tissu social des quartiers.

Le contrat d'occupation temporaire

Sam Rosenzweig est l'un des 5 étudiants à l'origine du projet lancé il y a 5 ans. Ils voulaient vivre en communauté et organiser des activités ouvertes. Ils ont eu beaucoup de mal à louer une maison, du fait de leur statut d'étudiants. Ils sont entrés en contact avec le squat 123 rue Royale et se sont rendu compte que d'autres modèles d'habitat étaient possibles. Ils ont entendu parler de la convention d'occupation temporaire, qui n'a rien à voir avec un contrat de bail, et ont, après un an, trouvé un bâtiment de 8000 m² où se loger.

Le contrat d'occupation temporaire est moins lourd pour le propriétaire, il n'a pas les obligations d'un bailleur. L'association prend en charge l'assurance, les frais, une bonne partie des travaux. Le propriétaire est dispensé de la taxe communale et de l'amende régionale sur les bâtiments vides. Par ailleurs, un logement vide, un bâtiment industriel vide, vont très vite se détériorer, perdre de leur valeur. Certains propriétaires sont également emballés par le projet citoyen.

L'idée est donc de mettre en place des projets qui ont un impact sociétal positif pour le quartier, pour la ville. De permettre l'innovation, d'être inspirant aussi pour la gestion de Bruxelles à plus long terme.

Des projets très variés

La communauté Communa, c'est 6 bâtiments occupés pour l'instant, qui hébergent 55 projets, des associations, des collectifs... et une trentaine de personnes qui y sont logés. L'asbl fonctionne avec des citoyens qui s'engagent dans le réseau, qui participent aux décisions et à la vie de cette communauté. De nombreux bénévoles gravitent autour de l'initiative.

Les projets dépendent de l'architecture du bien, de l'espace, du temps dont on dispose, du voisinage... Ils sont financés par les contributions 'libres et conscientes' demandées aux occupants, en fonction des activités, du logement, de l'espace, des travaux engagés. Le prix ne doit pas être un frein.

L'autre source de  financement vient du 'Prix de l'Economie circulaire' accordé par la Région, qui permet de couvrir les frais de personnel. Et enfin, les événements qui sont organisés dans les divers lieux apportent une petite source de revenus supplémentaires.

Après une quinzaine de réhabilitations réussies, la crédibilité de Communa est maintenant assurée.

 

Découvrez ici les lieux qui ont repris vie.

Et écoutez ici pour en savoir plus sur les expériences citoyennes de Communa et leurs projets à venir !

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