Comment réagir en tant que parent quand votre enfant est harcelé ?

Comment réagir en tant que parent quand votre enfant est harcelé ?
Comment réagir en tant que parent quand votre enfant est harcelé ? - © Tous droits réservés

Seulement 6,9 % des enfants harcelés osent parler de leur situation avec leurs parents. Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l'UMons et auteur de plusieurs ouvrages à ce sujet a expliqué dans Tendances Première, quelles attitudes adopter face à cette situation de détresse.

La difficulté de l’enfant d’en parler à ses parents

Comme l’explique Bruno Humbeeck, la première difficulté rencontrée par le parent est tout simplement de déceler le harcèlement. Pour l’enfant, le parent peut véritablement se transformer en caisse de résonance de son problème. C’est pourquoi il est très difficile pour lui d’en parler, souvent il a peur de faire "mal" à ses parents ou de les décevoir. Typiquement, la première question qu’un parent pose à son enfant quand il le voit est "ça s’est bien passé à l’école aujourd’hui?", difficile pour l’enfant d’avouer dans ce cas-là le harcèlement dont il est victime. 

Les attitudes à éviter

Selon Bruno Humbeeck, la première réaction joue un rôle capital dans la façon dont l’enfant va vivre la situation car comme il le souligne: "Si le désespoir de l’enfant se heurte à celui du parent, ça crée une caisse de résonance qui génère la désespérance". Il existe donc certaines attitudes à éviter à tout prix:

  • La tendance à minimiser: éviter le sujet, tenter de rendre le problème plus petit qu’il ne l’est ou encore parler de son propre vécu, peut avoir des conséquences dramatiques. "Se mettre à la place de l’autre, c’est faire en sorte que l’autre n'en ait plus" explique Bruno Humbeeck.
  • La tendance à amplifier: il ne faut surtout pas rendre la situation plus difficile qu’elle ne l’est en rajoutant ses propres émotions (tristesse, peur, colère). Il faut garder son sang-froid même si c’est très éprouvant également pour le parent.
  • Ne pas proposer à l’enfant de répliquer: cette troisième attitude est certainement celle qui peut générer le plus de dégâts. Il ne faut surtout pas suggérer à l’enfant de se défendre par lui-même. "Cela peut faire jubiler les dominants et mettre l’enfant en défaut vis-à-vis de l’école" explique Bruno Humbeeck.

Les attitudes à adopter

Au lieu de suggérer à l’enfant de se défendre par lui-même, il faut bien au contraire le rassurer sur le fait qu’il ne doit rien gérer. Il faut vraiment rassurer l’enfant en lui disant que la situation qu’il vit est une situation contre laquelle on peut lutter, que ce n’est pas anormal, que ça arrive à tout le monde et que surtout on peut l’aider.

Comme l’explique Bruno Humbeeck, les enfants n’ont souvent pas de difficulté à trouver quelqu’un à qui parler au sein de l’école mais doute souvent de leur utilité. "Moi, quand je demande à un enfant ou à un adolescent en consultation s'il a confiance en quelqu’un au sein de l’école, que ce soit en école primaire ou secondaire, il trouve toujours quelqu’un, souvent l’instituteur ou l’institutrice mais il rajoute toujours 'je ne sais pas trop s'il sait ce qu’il doit faire'". Souvent l’enfant a confiance en la personne mais pas nécessairement dans sa manière d’être outillée et c’est là que les parents jouent un rôle en donnant les outils nécessaires".

C’est donc là que le rôle du parent est crucial car c’est à lui de promouvoir auprès de l’enfant l’utilité et l’efficacité des outils mis en place par l'école.

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