Comment la sophrologie et l'hypnose agissent-elles sur les migraines?

De nombreux Belges souffrent de migraine. Elle peut durer de 4 à 72 heures, être très invalidante et avoir une répercussion répétée sur la vie de tous les jours, au niveau privé et professionnel. Elle induit aussi une peur de la douleur qui va arriver, la peur anticipative. Françoise Bidart, spécialiste de la sophrologie et de l’hypnose, nous aide à mieux gérer les migraines.


Un complément aux médicaments

On a tendance à se rabattre rapidement sur les médicaments dès qu'on sent poindre la migraine, mais il arrive qu'ils ne fonctionnent pas chez certaines personnes.

La sophrologie et l'hypnose peuvent être des compléments avantageux à la médecine traditionnelle. " Mais il ne faut pas jouer avec le feu, il s'agit vraiment d'un complément, précise Françoise Bidart. Des médecins m'envoient des patients en disant : on n'y arrive pas bien, ou : il y a une composante émotionnelle ou psychologique au niveau des facteurs déclenchants. Et là, les compléments peuvent être intéressants. Mais pour moi, le médecin est toujours la personne de référence d'abord et il ne faut jamais interrompre un traitement prescrit par un médecin, mais plutôt complémenter."


Sophrologie ou hypnose ?

Les deux techniques sont utiles dans le cas des migraines ou de tout type de céphalée d'ailleurs.

  • La sophrologie va permettre de travailler le côté relaxation et détente, et d'apprendre à défocaliser. Si vous avez mal à la tête, en fin de journée, vous n'êtes plus que votre mal de tête, alors que le reste du corps fonctionne très bien.
    La sophrologie va replacer le mal de tête dans un contexte plus global, grâce à un travail de désensibilisation, de futurisation. On va gérer le 'ici et maintenant' et apprendre à gérer les migraines, avant, pendant et après.
     
  • L'hypnose va plutôt chercher si les migraines se sont déclenchées après un certain événement ou une certaine période, puis va remonter à cette crise pour 'gommer dans le disque dur' ce qui s'est imprimé. L'inconscient pourra alors nettoyer ces traces et trouver une autre manière de s'adapter. On peut ainsi apprendre à la personne à gérer sa douleur.


Travailler sur la perception de la douleur

Le Dr Milton Erickson, sujet à des douleurs violentes, a remis l'hypnose au goût du jour en concertation avec des dentistes, au début du 20e siècle, à un moment où les anesthésiants étaient peu développés. Ils ont travaillé au niveau de la perception de la douleur, en agissant sur son intensité et sa couleur. Ils ont développé un moyen de la déplacer, pour la rendre plus supportable, à un autre endroit du corps, où elle est moins invalidante.

Notre corps est notre ami, rappelle Françoise Bidart. La migraine est un signal d'alarme qui indique que quelque chose ne fonctionne pas. Il ne faut pas effacer le signal d'alarme, mais l'écouter pour savoir ce qu'il veut nous dire. Mais on peut proposer à la personne de garder un autre signal d'alarme, ailleurs.


La peur anticipative

Cette peur de voir arriver la migraine peut accélérer le processus de l'arrivée de la douleur. La sophrologie, à condition d'être pratiquée régulièrement, va permettre de se calmer et de limiter la crise.

  • On va travailler avant la crise, pour être moins stressé, plus détendu, plus à l'écoute des facteurs qui vont déclencher les crises, qu'ils soient sonores, visuels, alimentaires, intellectuels,... 
  • Pendant la crise, on va utiliser l'outil pour diminuer l'intensité de la douleur, à condition de bien la prendre au début.
  • Après la crise, on pourra rebondir plus vite.

Avec certaines personnes, les résultats sont spectaculaires, avec d'autres cela ne fonctionne pas bien et une autre méthode est plus indiquée, signale Françoise Bidart.

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