Comment Hugo Clément a-t-il arrêté de manger des animaux ?

"J'adore la viande. J'aime l'odeur des saucisses grillées au barbecue, un soir d'été, dans le jardin. J'aime le goût de l'entrecôte saignante avec une moutarde à l'ancienne. Les burgers, les brochettes de poulet, les boulettes. J'aime tout, à l'exception des rognons, du foie, et de la langue. Le poisson, c'est pire, j'en raffole." Voila les premières lignes de l’ouvrage du journaliste qui officie maintenant sur le site d’information Konbini News, et pourtant Hugo Clément a complétement arrêté de manger de la viande. Non pas parce qu’il n’aimait pas ça, mais plutôt à cause d’une prise de conscience.

Le déclic il est venu dans une démarche un peu journalistique, en apprenant des informations, des chiffres sur cette industrie de la viande et du poisson qui m’ont fait me dire OK, réfléchissons deux minutes, est-ce que l’on peut continuer comme ça ?

Amour des bêtes ou amour des chiffres ?

Ce n’est pas non plus par amour des animaux, Hugo Clément n’a pas d’animaux de compagnie, sa décision ne résulte pas d’une sensiblerie, elle est véritablement rationnelle, basée sur des informations chiffrées. Et les chiffres qu’il donne dans son livre sont en effet plutôt interpelant : 3 millions d’animaux terrestres abattus en France tous les jours à des fins alimentaires. A l’échelle mondiale, ce sont entre 1000 et 2500 milliards de poissons tués chaque année pour finir dans nos assiettes, mais aussi 55 milliards de volailles et 1,4 milliard de cochon dont 95% sont élevés en bâtiments (et même carrément en cage) et qui n’ont donc jamais vu la lumière du jour…

Couvrez cette soufrance, que je ne saurais voir.

"Si tous les murs des abattoirs étaient en verre, tout le monde serait végétarien" une phrase de Paul MacCartney que l’auteur nous explique en détails, selon lui tout le système de consommation de chaire animal repose que la méconnaissance du public des conditions d’élevage et d’abattage des animaux. Ces dernières années, la souffrance animale terrestre a bénéficié d’une prise en compte sans précédent avec par exemple l’arrivée de l’obligation de l’étourdissement avant l’abattage pour que les animaux souffrent moins. Seulement l’industrie de la pêche n’est quant à elle soumise à aucune législation alors que c’est celle qui tue le plus d’êtres vivants sur la planète.

Un petit dernier ?

Un dernier chiffre pour la route : 70% de la surface agricole mondiale est monopolisée par l’élevage, si on l’on réduisait ce dernier cette surface serait moins importante et son impact environnemental serait lui aussi fort réduit. À l’heure où le réchauffement climatique se fait ressentir aux quatre coins du globe et où chaque citoyen est appelé à réduire son empreinte écologique, Hugo Clément propose le végétarisme comme un acte écologique, au même titre que d’arrêter de prendre l’avion ou stopper sa consommation de plastique.
 

Chacun fait ce qui lui plait.

Le journaliste ne se veut pas donneur de leçons, il a mangé de la chaire animale durant longtemps et ne condamne nullement les mangeurs de vaches, de moutons ou de cochons. Ce qu’il veut, c’est expliquer sa prise de conscience à travers une argumentation claire et des faits concrets afin de sensibiliser les gens qui se posent des questions, et même peut-être ceux qui ne s’en posent pas, dans le simple but d’informer sur la situation actuelle de la consommation animale…

 

Retrouvez son interview complète face à François Heureux et Xavier Vanbuggenhout

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