Comment faire de la solitude une alliée ?

Comment faire de la solitude une alliée ?
Comment faire de la solitude une alliée ? - © Pixabay

Qui ne connaît pas la solitude, cette impression de vide, cette vague tristesse qui nous serre le cœur même quand nous sommes entourés ? Ce sentiment, inhérent à la condition humaine, dit l’existence d’autrui mais aussi son absence potentielle, qu’elle soit réelle ou perçue. Rien ne sert de vouloir le fuir ou de le combattre car il risque de revenir de plus belle. 

Christiane Thiry,  journaliste, rédactrice en chef de Psychologies magazine et coach de vie, nous aide à cerner la solitude, à l’apprivoiser et à vivre en bonne entente avec elle. Elle propose un plan en 4 points.
 

1. Identifier le sentiment de solitude

Le sentiment de solitude naît du fait qu'on est en rupture de liens sociaux, suite à un déménagement, à une mise au chômage, à un départ à la retraite, à une rupture affective ou amoureuse. Nous sommes de plus en plus connectés mais en même temps il n'y a jamais eu autant de personnes qui disent se sentir seules.

Le sentiment de solitude est une perception totalement personnelle. Il est important d'identifier d'où il vient, de cerner ce qui nous fait le plus souffrir, quels sont les manques les plus pénibles, quels sont les besoins. On prend conscience de ce qu'il y a derrière ce sentiment et on ne le combat pas. A partir de là, on peut construire une stratégie.


2. Prendre soin de soi

On se décide à prendre soin de soi. Si, involontairement, on se replie sur soi, si on s'isole, on développe une altération de l'estime de soi. Plus on se sent exclu, moins on considère qu'on a de la valeur pour les autres et moins on prend soin de soi.

Il faut donc se soigner, soigner son apparence, pratiquer des activités physiques et mentales qui nous permettent de bouger : sport, expos...

Il est recommandé aussi de dresser une liste de ses talents, de ses ressources, cela permet de se rebooster.

Il faut veiller à dormir convenablement car à force d'être fatigué, on devient irascible. Il faut bien préparer son sommeil, bien respirer, lâcher les écrans.

On peut écrire un carnet intime, parce que quand on écrit, on n'a pas l'impression d'être seul. C'est un refuge qu'on peut décorer comme on veut, où on est chez soi.


3. Combattre le négatif

Il faut s'ôter de la tête les idées négatives. Le sentiment d'isolement renforce les jugements critiques que l'on a par rapport à soi, les constats négatifs. 

Il est important, quand on perd confiance, d'identifier quel est le jugement négatif, la critique ou la vieille croyance qui nous poursuit depuis toujours et d'aller chercher les arguments positifs qui s'opposent à cette perception-là.

On peut aussi faire la liste des petits éléments qui ont bien marché ce jour-là.

On veille à entretenir les petits éléments positifs du quotidien, les petits moments de relation, de sourire. On partage davantage de petits moments avec des collègues, ou des activités dans un club de loisirs... on combat ainsi l'état de fait de la solitude.

 

4. S'occuper des autres

Pour sortir du sentiment de repli sur soi, on a besoin de participer à la communauté humaine, de se sentir utile. On inverse la tendance de l'auto-apitoiement en disant : 'qu'est-ce que moi je peux apporter aux autres ?'

On peut par exemple aller manifester pour les causes qui nous tiennent à coeur, s'occuper des enfants du voisin, de personnes âgées, faire du bénévolat. Il y a énormément de pistes pour se rendre utile et sortir du marasme de la solitude.

 

Certains sont bien dans leur solitude. Il est vrai que nous avons tous besoin de temps morts, de silence parfois, de précieux moments de retrouvailles avec nous-mêmes. Mais quand la solitude devient souffrance, quand on a l'impression d'entrer dans un cercle vicieux, il est essentiel de trouver des solutions pour l'apprivoiser.

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