Comment éviter de saboter nos efforts de régime ?

Imanque toujours une dimension psychologique aux super régimes, ce qui implique qu'inconsciemment, nous finissons par saboter tous nos efforts, à toutes les étapes du processus. Explications avec Jessica Morton, assistante à la Faculté de psychologie de l'UCL.


1e étape : le choix du régime 

Nous devrions choisir une formule que nous nous sentons capables de tenir. Les régimes qui se limitent à un seul aliment, comme le chou par exemple, ou qui excluent des nutriments précis, comme par exemple le sucre, vont induire des déséquilibres biologiques et auront parfois des conséquences graves sur la santé. Mieux vaut donc prendre le temps de perdre ses kilos en modifiant durablement ses comportements alimentaires.


2e étape : l'engagement dans le régime

Le fait de rendre son engagement public, comme s'inscrire sur un site du type de 'la Tournée minérale' par exemple, vous prive de porte de sortie et donc de la possibilité de faire un écart. Tout le monde sait que vous voulez y arriver. Si vous prenez cet engagement seul dans votre coin, dès le départ, vous vous autorisez à ne pas y arriver.


3e étape : la mise en oeuvre du régime

3 pièges sont à éviter absolument :

- L'effet Allô : Jessica Morton désigne ainsi l'effet comportemental qu'ont les étiquettes des produits light, bio ou sans sucre ajouté. Quand on consomme light ou sans sucre ajouté, on a tendance à consommer plus, genre deux yaourts au lieu d'un seul. Au final, l'apport kilocalorique est supérieur au produit non light. Idem si on nous propose des carottes avec le hamburger, on aura tendance à sous-évaluer le hamburger et on va se permettre plus de frites ! Dans un supermarché, si on achète d'abord les fruits et les légumes qu'on nous propose dès l'entrée, on se sentira déculpabilisé et on achètera plus facilement des chips ou des sucreries au rayon suivant.

- L'effet rebond : on mange léger toute la journée, on ne grignote pas entre les repas, mais dès qu'on rentre à la maison, on craque sur l'armoire à goûters ou sur l'apéro et tous les efforts de la journée sont anéantis. C'est un effet de compensation : si j'ai bien tenu toute la journée, pourquoi ne pourrais-je pas me le permettre ? Pour contrer cela, il faut apprendre à se connaître : certains vont choisir de dîner chaud à midi pour se restreindre le soir ou de prendre leur quota dans un petit-déjeuner très copieux.

- Le développement de la dépression : si on ne remplit pas complètement ses besoins nutritifs, on devient irascible, déprimé. Certains iront même jusqu'à se priver de relations sociales pour éviter de faire des écarts. Or, moins le moral sera bon, plus on aura tendance à grignoter.  De même, quand on craque, un sentiment de culpabilité s'installe et on ne profite pas de ce qu'on grignote, on mange de façon automatique. Autant le faire en pleine conscience et bien en profiter, pour ensuite en tenir compte dans la consommation quotidienne. L'obsession alimentaire est de toute façon à éviter à tout prix !

 

Le nudging

Le nudging est un concept qui incite la personne à faire un choix profitable. En alimentation, le choix de la taille de l'assiette en est un bon exemple. Il vaut mieux utiliser de petites assiettes : on aura tendance à disposer la nourriture de la même façon que dans une grande assiette, mais du coup, on en mettra moins et on mangera moins. 

Le nudging incite aussi à acheter des conditionnements plus petits, par exemple dans le cas d'aliments sans fond comme les paquets de chips : le paquet sera vide, personne n'aura vu qu'il était plus petit au départ, mais tout le monde en aura mangé moins.

Pour favoriser la sensation de satiété, quelques trucs existent : si on boit sa soupe bien chaude, on en consommera moins que si on la prend tiède. Si on boit un verre d'eau avant de manger, on aura plus vite cette sensation de satiété.

 

Quoi qu'il en soit, Jessica Morton, en tant que psychologue, préconise plutôt une alimentation saine, à travers l'adoption de nouveaux comportements alimentaires : arrêter le grignotage, ne boire qu'un seul verre de soda, choisir une petite assiette... En dehors de rares cas médicaux, les enjeux psychologiques et biologiques de régimes inadaptés sont trop graves pour prendre des risques.

 

Retrouvez ici tous ses bons conseils !

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