Comment diminuer et mieux recycler les emballages ?

L'action citoyenne "Plastic Attack", née en Grande-Bretagne se fait aussi entendre en Belgique. Après Bruxelles le 7 avril dernier, les militants le disent : ils séviront encore à Bruxelles, mais aussi à Gand, Anvers, Louvain et Malines. 

L'action : après avoir effectué leurs achats, les activistes ont ôté sur place tous les emballages en plastique.
L’objectif : montrer l’absurdité des emballages.

Une action citoyenne pour moins de déchets


Comment changer les choses?
Comment encourager les produits recyclables ou recyclés ? 
Et si les producteurs, les responsables marketing et design s’y mettaient aussi ?
Peut-on sensibiliser tout un secteur ?


Un dialogue indispensable

L'emballage a 3 fonctions :
celui de protéger le produit alimentaire, un rôle hygiénique fondamental,
celui d'informer le consommateur
et il a aussi une fonction de marketing, d'incitation à l'achat.

Aujourd'hui, 39 % des consommateurs trient les plastiques pour les sacs bleus. L'Europe évoque un objectif de 55 %. L'effort est envisageable, mais il faut aussi améliorer la qualité des emballages. 

Un dialogue se met tout doucement en place entre le gouvernement et le secteur industriel à ce sujet, "un dialogue qu'on espère structurel", nous dit Cédric Slegers, de la Fédération des Entreprises de l’Economie circulaire (Go4circle).

La ministre Marie-Christine Marghem a effectivement engagé une réflexion au niveau européen :

  • pour déterminer quels emballages posent problème dans les filières de recyclage,
  • pour lancer le débat en collaboration avec l'industrie pour voir ce qu'il est possible de faire, dans un premier temps sans contraintes,
  • et pour définir des normes de produits et éviter ainsi les emballages non-recyclables.

Pour ce qui est du secteur de l'industrie, Ann Nachtergaele, directrice Environnement et Energie chez Fevia (Fédération de l’Industrie alimentaire belge), souligne qu'en Belgique, de nombreuses entreprises ont déjà compris cette problématique de l'emballage et travaillent déjà à en mettre moins sur le marché. "C'est dans leur intérêt, puisque l'emballage coûte, le matériau coûte, et que la cotisation à Fost Plus, qui organise la collecte des sacs bleus et des papiers/cartons, dépend de la quantité récoltée."


Vers des plastiques totalement recyclables

Les producteurs doivent parfois mettre en place des adjuvants à certains plastiques pour mieux protéger le produit, comme le PET opaque par exemple. Mais ces nouveaux composants compliquent la filière de recyclage. Résultat, ils sont envoyés à l'incinération.
Pourquoi de telles matières sont-elles alors mises sur le marché ? se demande Cédric Slegers, de Go4circle. 

Le but de la réflexion chez Fost Plus et au niveau européen est d'améliorer la qualité pour évoluer vers une véritable économie circulaire où tous les emballages pourraient être réutilisés, pour en faire de nouvelles matières avec une application noble.

Les éléments perturbateurs du recyclage ne représentent heureusement que 2-3 % que ce que l'on met dans le sac bleu, rétorque Ann Nachtergaele pour Fevia. Et la recherche travaille à améliorer encore les choses. "Quand un nouveau type d'emballage en plastique arrive sur le marché, il faut qu'il y en ait suffisamment pour pouvoir développer la filière de recyclage derrière. Il faut laisser la possibilité d'une certaine évolution".

Elle confirme : "Quand on met un nouveau type d'emballage sur le marché, l'idéal est de réfléchir ensemble dès le départ, au niveau européen, sur la filière de recyclage." 
Fevia encourage par ailleurs les mono-matériaux pour un même produit, " parce qu'on a tous intérêt à évoluer dans ce sens", et fait l'annonce suivante : au 1er janvier 2019, il sera possible de mettre tous les plastiques, sans distinction, dans les sacs bleus.

 

Et pour le consommateur ?

Au niveau des citoyens, il est possible d'acheter des produits sans emballage ou en vrac, auprès de producteurs locaux ou de petites surfaces par exemple. Des groupes 'zéro déchets' se mettent aujourd'hui en place, et s'approvisionnent auprès de commerçants qui acceptent qu'on vienne avec ses contenants. "Des évolutions très positives se passent et le consommateur a souvent la possibilité de choisir", se réjouit Ann Nachtergaele.

Des exemples précis d'emballages problématiques à voir dans la vidéo !

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