Comment Amazon jette des millions d'objets invendus

Amazon jetterait littéralement à la poubelle des millions de produits, chaque année. Le magazine Capital sur M6 diffusait, ce dimanche, une enquête sur le gaspillage dans les entrepôts d’Amazon, en France. D'après l'enquête, en 3 mois, 300 000 objets ont été jetés dans un seul entrepôt. Sur un an, 3,2 millions de produits auraient subi le même sort, sur l'ensemble des cinq entrepôts français.

L’enquête a été menée à Chalons-sur-Saône, le plus petit des 5 entrepôts Amazon en France. Sur les images du reportage, filmés en caméra discrète, les gilets fluo des employés s’activent. Dans le commentaire, le journaliste Guillaume Cahour, qui a mené l'enquête, explique : "    Pour obtenir ces images, le journaliste s'est infiltré en se faisant engager pour travailler dans cet entrepôt d'Amzaon à Chalon-sur-Saône.

Dérives de la livraison au plus rapide et organisation de la surproduction

Chez Amazon, encore plus que partout ailleurs, ce qui vaut de  l’argent, c’est le temps. L’argument de vente, c’est la rapidité. La firme a imposé le standard de la livraison à J+1, en France. Or, les produits en France et en Europe, la plupart du temps, ne proviennent pas de vendeurs européens. Ils proviennent plutôt de vendeurs chinois. Donc, il faut qu’il y ait du stock à disposition, dans les entrepôts européens. En réalité, lorsqu'on achète un produit sur le site, Amazon n’est que très rarement le vendeur, c’est un intermédiaire qui a un gigantesque réseau d’entrepôt et organise la livraison. 

Pour bénéficier des espaces de stockage, les vendeurs doivent payer une sorte de loyer à Amazon : 26 euros/m3 au départ. Mais 500 euros après 6 mois, et 1000 euros après un an. Si un vendeur veut retirer un produit de la vente (parce que ça ne marche pas et le stockage commence à lui coûter trop cher), il y a 2 options : le faire rapatrier chez le vendeur ou ordonner sa destruction.
Comme les vendeurs sont souvent très loin, il est plus simple, d’un simple clic, de demander de jeter le produit, plutôt que de se le faire renvoyer.

Le problème, explique le journaliste Guillaume Cahours au Monde, c'est quand on prend le système dans son ensemble. "Le système Amazon amplifie la surproduction, puisque son principe est de proposer une offre pléthorique. En revanche, vendeurs et acheteurs connaissent-ils les conditions ? Pas forcément"
 

 

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