Comment aider les enfants qui 'apprennent mal' ?

Un enfant qui n'apprend pas, cela n'existe pas. On peut juste parler d'un enfant qui n'apprend pas selon les critères des adultes. Il apprend juste des choses qui ne sont pas significatives sur le plan scolaire.

Mais, selon Bruno Humbeek, psychopédagogue à l'Umons, on peut utiliser ces zones d'apprentissage pour mettre en place ce qui est le plus important : des méthodes d'apprentissage.
 

Les deux armoires

Bruno Humbeek conseille de visualiser deux armoires : l'une à penderie et l'autre à tiroirs

L'armoire à penderie va permettre de faire le tri entre ce qu'on maîtrise, ce qu'on connaît, et ce qui est en voie d'acquisition mais pas encore maîtrisé. Il est important d'identifier ce qui n'est pas compris et doit encore être expliqué, de pouvoir dire : ça je connais et je vais construire dessus; ça je ne connais pas encore et il faut que je m'entraîne. Et dans ce cas, il vaut mieux se le faire expliquer par quelqu'un d'autre que le parent, pour éviter tout énervement.

L'armoire à tiroirs, "c'est ne pas vouloir aller trop vite, ne pas passer par des raccourcis qui donnent de fausses pistes cognitives et installent des savoirs d'une mauvaise manière".

La pyramide de Bloom dit qu'il faut d'abord comprendre, connaître, être capable d'analyser un phénomène avant d'essayer de le synthétiser et de produire une idée nouvelle. 

Il faut donc absolument que les enfants comprennent très tôt ce mécanisme. Par une zone d'apprentissage déjà investie, comme les dessins animés, ils peuvent apprendre à analyser, à comprendre les personnages, à synthétiser.

Le rôle du parent c'est d'accompagner ce mécanisme, plutôt que d'imposer la vitesse dans l'apprentissage à l'enfant, la mémorisation ultra-rapide... Il doit aider l'enfant à comprendre en prenant son temps. Car l'enfant qui doit aller trop vite finit par avoir peur d'apprendre. Il se met alors en retrait d'apprentissage. Il faut calmer l'anxiété du parent qui veut absolument qu'on lui montre qu'on connaît, qu'on est capable de donner la réponse vite.

 

Un bilan de compétences

A la veille des contrôles de fin d'année, il est intéressant de faire un bilan de compétences avec son enfant, c'est à dire de trier la matière entre ce que l'enfant connaît, ce qui est en voie d'acquisition et ce qu'il ne comprend pas. Cette étape va lui être utile tout au long de sa vie.

Sur ce qui est moins bon, on va exercer l'enfant. Mais on n'exerce pas sur des compétences non-comprises. Ce qui est dangereux, c'est l'enfant qui croit qu'il comprend, parce que le parent lui a donné un truc.

Il vaut mieux demander à l'enfant de nous expliquer ce qu'il a compris, plutôt que d'essayer de lui expliquer nous-mêmes des trucs qui lui permettraient d'aller plus vite éventuellement. Chaque enfant a un rythme particulier qu'il ne faut pas précipiter.

 

Pas de panique !

Ce qui empêche d'apprendre, c'est la peur de perdre l'affection de ses parents si on échoue. C'est l'impact que l'échec a sur le plan familial. Il faut savoir que l'anxiété prend dans le cerveau la partie qui est nécessaire à la réalisation d'une performance. Si on rend quelqu'un anxieux avant de réaliser une performance, il n'arrivera pas à la réaliser correctement.

Il est vrai que l'école survalorise deux types d'intelligence : l'intelligence conceptuelle et l'intelligence mathématique, alors que des génies comme Einstein, Mozart, Darwin avaient une intelligence créatrice, musicale ou naturelle. Le parent doit se poser la question : quel type d'intelligence a mon enfant ?

Heureusement, les choses bougent lentement dans le système scolaire. Dans le Pacte d'excellence, une place très importante est accordée aux autres types d'intelligence, nous rassure Bruno Humbeek.

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