Combat contre le racisme : la face cachée de Jackie Kennedy

Combat contre le racisme : la face cachée de Jackie Kennedy
Combat contre le racisme : la face cachée de Jackie Kennedy - © Tous droits réservés

Le 25 novembre 1963, trois jours après l'assassinat de John F. Kennedy, sa veuve, Jackie, exige et obtient que le cercueil du président soit porté par des soldats blancs et noirs. Jackie Kennedy a fait ce jour-là, bien plus qu'acter symboliquement l'égalité entre Noirs et Blancs. C'est l'aboutissement logique d'un combat que la première dame n'aura cessé de mener durant le mandat de son époux. Trop souvent dans nos mémoires pour son glamour et ses élégantes tenues, Jackie Kennedy a pourtant été une actrice importante dans le combat des droits civiques des Afro-Américains. Retour sur ce parcours militant peu connu de l’Histoire avec Maud Guillaumin, réalisatrice du documentaire "Jackie Kennedy, militante de la première heure".

C’est souvent difficile à imaginer pour les jeunes générations, mais il fut un temps où les Afro-Américains et les Américains "blancs" vivaient pratiquement dans deux mondes parallèles : chacun sa piscine, chacun sa bibliothèque, chacun son école, chacun son quartier... surtout ne pas se mélanger. À l’époque de John Fitzgerald Kennedy, les lignes étaient déjà en train de bouger, mais il restait un long chemin à faire avant de pouvoir parler d’intégration. La violence était brutale entre les Blancs et les Noirs dans tous les États-Unis, particulièrement dans les États ségrégationnistes du Sud.  "C’était une sorte de mini guerre civile qui se mettait en place et c’est pour ça aussi que JFK avait été obligé d’avancer sur cette thématique lors de son élection" explique la réalisatrice.

 À l’époque, il y a deux mondes séparés. Jackie Kennedy, à la tête de l’État va montrer qu’elle veut les unir 

Un désir dévorant de marquer l’Histoire

Originaire de New York, Jacqueline Kennedy née Lee Bouvier bénéficie déjà d’une grande ouverture d’esprit sur ce sujet, puisque la ségrégation est bien moins importante que dans les autres États. Cependant, pour Maud Guillaumin, c’est véritablement lorsqu’elle a posé ses valises à Washington qu’elle a réalisé à quel point le combat des droits civiques pour les Afro-Américains était un enjeu crucial pour l’Amérique.

"Jackie a plus une conscience historique que politique. Elle sait que tout ce que va faire son mari sera retenu. Elle voit donc l’action à la maison blanche comme quelque chose qui doit marquer l’histoire." Et cela la concerne directement. Dès son entrée à la Maison-Blanche elle se bat sur le plan culturel. Alors qu’elle évoluait dans un milieu très élitiste, elle montre une ouverture d’esprit rare à l’époque, explique la réalisatrice : "Bien sûr elle n’invite pas n’importe quels noirs, mais elle en invite, et c’est déjà en soi une révolution". La Première dame a la volonté de faire passer la culture, le mérite, avant la couleur de peau.

 

Jackie montre l’exemple

Depuis l’arrêt Brown de la Cour suprême en 1954, la ségrégation scolaire est interdite. Et pourtant, chaque tentative d’intégration d’élèves de couleur de peau noire dans des écoles à majorité "blanche" crée la polémique. Mais la déségrégation est l’un des combats du couple Kennedy, explique Maud Guillaumin, et lorsque la Première dame décide d’ouvrir la petite école de la Maison-Blanche, ils sont attendus au tournant. Vont-ils appliquer ce qu’ils préconisent ? Car dans les rangs des proches du président, il se trouve qu’il y a un Afro-Américain : Andrew Hatcher, membre du service de presse, et qu’il a un fils. La photo de classe publiée montrant Caroline Kennedy et son camarade Every Hatcher fera rapidement taire les mauvaises langues… mais alimentera aussi les tensions.

Par ces choix et ses actes, Jacqueline Kennedy va, durant ces courtes années à la Maison-Blanche, contribuer au changement de mentalité. "Tout en restant dans l’ombre, et particulièrement dans l’ombre de son mari, Jackie Kennedy s’attelle ainsi à changer le visage de l’Amérique" insiste la réalisatrice.

Dans Un jour dans l’Histoire, Nicolas Bogaerts et Maud Guillaumain ont également abordé d’autres aspects du militantisme de Jackie Kennedy : Pourquoi il n’a jamais été relayé dans les journaux, quel pouvoir d’influence elle a acquis auprès de son mari, ses intentions en tant que Première dame, etc.

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