Cohn-Bendit, 20 ans de coup de gueule d'un amoureux de l'Europe

Daniel Cohn-Bendit a marqué le Parlement européen d'interventions passionnées
Daniel Cohn-Bendit a marqué le Parlement européen d'interventions passionnées - © wikipedia

Daniel Cohn-Bendit a fait ses adieux cette semaine au Parlement européen après y avoir siégé pendant 20 ans. A 69 ans, le turbulent président des verts a décidé de ne pas se représenter aux élections du 25 mai prochain. Il va se consacrer à sa deuxième passion, le football. Il prépare notamment un documentaire sur la coupe du monde au Brésil. Retour sur le parcours d’un des plus fervent europhile du parlement.

Daniel Cohn-Bendit, c'est la voix qui dans l'hémicycle européen interpelle les dirigeants européens là où ça fait mal. Lorsque Viktor Orban, le premier ministre hongrois est venu défendre une modification de la constitution de son pays contraires aux règles européennes il lui rétorque que " l’Union européenne n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds, mais une maison commune que nous construisons ensemble, monsieur Viktor Orban. "

Même parler vrai face au président Français, Nicolas Sarkozy qui s’apprête à partir pour Pékin et à qui il lance, la voix pleine d’émotion : " Monsieur le Président c’est une honte, c’est minable d’aller à l’ouverture des Jeux olympiques. "

 

L'Europe aussi en prend pour son grade quand José Manuel Barroso a été reconduit à la tête de la Commission européenne. Daniel Cohn-Bendit, dénonçait alors la coalition des hypocrites : " la réalité dans le monde c’est que l’Europe n’est pas à la hauteur de la crise économique, la crise écologique et de la crise financière ! " Un discours improvisé comme toujours et ponctué d’un " ta gueule " à l’attention du socialiste Martin Schulz, qui contestait alors les propos du chef de file des verts au Parlement. Car Daniel Cohn Bendit, n’hésitait pas à user d’un langage fleuri notamment à l’égard des eurosceptiques de tout bord. " Vous êtes des crétins finis parce que vous n’avez pas compris les valeurs de l’Europe " avait-il lancé aux élus du Front National lors d’un débat sur la votation en Suisse en février dernier.

Car l’Europe de Daniel Cohn-Bendit, celle qu'il défend avec toutes ses tripes, c'est une Europe fédérale où l'intérêt général européen dépasse l'intérêt national.

Oliver Hanrion

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK